Afrique de l’Ouest : Création d’une force régionale de 2000 hommes contre le jihadisme

Les Etats ouest-africains ont décidé à Freetown de mettre sur pied une force de 2000 hommes pour lutter contre le jihadisme, en plein essor dans la région, selon de sources diplomatiques et militaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Cette force « d’attente » sera composée de soldats stationnés dans leurs pays d’origine, prêts à être déployés en cas de besoin. Elle était discutée depuis plusieurs années, face à l’expansion des groupes jihadistes dans les États membres de la Cedeao, qui compte 12 pays.

Selon le dernier Indice mondial du terrorisme, le Sahel est devenu l’épicentre mondial du terrorisme, avec des insurrections menées par des groupes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ces trois pays, qui se sont séparés de la Cedeao pour créer l’Alliance des Etats du Sahel (AES), ne sont donc pas directement concernés par la nouvelle force. Mais les groupes armés étendent leur influence vers le sud, menaçant désormais des Etats côtiers comme le Togo et le Bénin.

Les chefs militaires de la Cedeao ont dressé un « état des lieux préoccupant » de la situation sécuritaire. « Les échanges se sont concentrés sur la montée de la menace terroriste, l’expansion de la criminalité transnationale et l’insécurité maritime ». 

Les discussions sur le financement de la force sont toujours en cours. La Cedeao n’a pas encore publié de communiqué officiel et ses responsables n’ont pas répondu aux demandes de l’AFP.

Concernant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, qui ont créé l’AES, la coopération avec la Cedeao sera encouragée, a indiqué un chef d’état-major ouest-africain : « Ces pays sont au cœur du Sahel, l’épicentre de la lutte contre les jihadistes. Il faut les associer à la force en attente. Tous nos chefs d’État sont d’accord ». 

Depuis plus d’une décennie, ces pays font face aux attaques de groupes liés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique. Gouvernés par des juntes militaires arrivées au pouvoir entre 2020 et 2023, ils adoptent une politique souverainiste, tournent le dos à l’Occident et au bloc régional de la Cedeao, et se rapprochent de nouveaux partenaires comme la Russie.