Guinée : 40 partis politiques dissous

Le gouvernement guinéen a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la dissolution de 40 partis politiques, parmi lesquels les trois principales formations d’opposition, moins de deux mois après l’investiture du président Mamadi Doumbouya.

Selon un arrêté du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ces partis ont été dissous pour « manquement à leurs obligations ». Le texte retire également aux formations concernées le contrôle de leurs ressources et place leurs biens sous séquestre, sous la supervision d’un curateur, sans préciser à qui ils seront transférés.

Les trois partis principaux visés sont l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, suspendue depuis août 2025, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) de l’ex-président Alpha Condé, suspendu en mars 2025, et l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré. Les trois leaders vivent actuellement en exil.

L’arrêté précis que cette mesure entraîne « la perte immédiate de la personnalité morale et du statut juridique » de ces partis, interdit toute activité politique et l’utilisation de leurs sigles, logos ou emblèmes. Les locaux des sièges et des représentations régionales ont été scellés.

Cette décision intervient au moment du retour du président Mamadou Doumbouya en Guinée, vendredi, accueilli en grande pompe à Conakry après trois semaines d’absence. Parti le 13 février pour un sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, son retour avait suscité de nombreuses interrogations.

Agé de 41 ans, Mamadou Doumbouya avait pris le pouvoir en 2021 après le renversement d’Alpha Condé, premier président guinéen élu démocratiquement. Sa récente élection pour un mandat de sept ans, fin décembre, s’était déroulée sans participation des principaux dirigeants de l’opposition.

Cette dissolution constitue un nouveau pas dans la consolidation du pouvoir de Doumbouya et accentue les tensions politiques dans le pays.