Plus de 200 civils ont été tués au Soudan depuis le 4 mars lors d’attaques de drones, a annoncé jeudi le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, qui s’est dit « horrifié » par l’ampleur des pertes humaines.
Le conflit qui oppose depuis avril 2023 l’armée soudanaise (SAF) aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) connaît une nouvelle escalade. Ces derniers mois, les frappes de drones visant des zones résidentielles, des marchés, des écoles ou encore des hôpitaux se sont multipliées.
La région du Kordofan, stratégique pour le contrôle du pays, est devenue l’un des principaux foyers des combats entre les deux camps, avec des attaques quasi quotidiennes et des bilans humains de plus en plus lourds.
Dans un communiqué, Volker Türk a dénoncé l’utilisation croissante de drones armés dans des zones densément peuplées. « Il est profondément troublant de constater que, malgré de nombreux avertissements, les parties au conflit continuent d’utiliser des drones de plus en plus puissants pour déployer des armes explosives dans des zones habitées », a-t-il déclaré. Il a appelé les belligérants à respecter le droit international humanitaire et l’interdiction de viser des civils ou des infrastructures civiles.
Selon les informations recueillies par l’ONU, au moins 152 civils ont été tués dans l’État du Kordofan-Ouest lors de frappes attribuées à l’armée soudanaise. Le 4 mars, le bombardement d’un marché et d’un hôpital dans la ville de Muglad a fait à lui seul au moins 50 morts.
Trois jours plus tard, le 7 mars, des frappes contre deux marchés à Abou Zabad et Wad Banda, zones contrôlées par les FSR, ont provoqué la mort d’au moins 40 civils. Le 10 mars, un camion transportant des civils a également été touché à Al-Sunut, faisant au moins 50 victimes.
Le conflit s’est également étendu à l’État du Nil Blanc, où les FSR ont mené plusieurs attaques de drones depuis le 4 mars. Le 11 mars, un lycée et un dispensaire du village de Shukeiri ont été frappés, causant au moins 17 morts. D’autres drones ont visé la ville de Kosti, dont l’un a touché une résidence universitaire le 9 mars, blessant sept étudiants. Une autre frappe, le 10 mars, a endommagé un transformateur électrique à Um Dabakir, provoquant d’importantes coupures de courant.
Près de trois ans après le début de la guerre, ce conflit a déjà fait des dizaines de milliers de morts et forcé environ 11 millions de personnes à fuir leurs foyers. Volker Türk a déploré une violence qui continue de s’intensifier, alimentée par l’usage de nouvelles technologies militaires.
