Près de trois ans après le déclenchement du conflit au Soudan, la réponse humanitaire se heurte à un déficit de financement jugé “critique” par les Nations Unies, sur fond de recrudescence des violences et d’aggravation des besoins.
Le plan humanitaire pour 2026, destiné à venir en aide à plus de 20 millions de personnes, nécessite 2,9 milliards de dollars. Or, il n’est actuellement financé qu’à hauteur de 16 %, soit environ 465 millions de dollars, a indiqué le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point de presse à New York.
Sur le terrain, la situation reste particulièrement préoccupante. Dans la capitale, Khartoum, plus de 1,6 million de personnes ont regagné leurs habitations malgré des conditions de sécurité précaires, marquées notamment par la destruction des infrastructures et la présence d’engins explosifs non neutralisés, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires.
Malgré ce contexte, la coordonnatrice humanitaire, Denise Brown, a repris ses fonctions dans la capitale avec une équipe réduite, tandis que certaines agences onusiennes tentent de relancer progressivement leurs activités.
Parallèlement, les efforts diplomatiques se poursuivent. L’envoyé personnel du Secrétaire général de l’ONU pour le Soudan, Pekka Haavisto, multiplie les consultations dans la région. Il a récemment rencontré à Nairobi le chef des Forces de soutien rapide, Mohamed Hamdan Dagalo, après s’être entretenu à Khartoum avec le général Abdel Fattah al-Burhan. L’émissaire s’est également rendu au Caire dans le cadre de ses démarches.
La situation sécuritaire demeure extrêmement fragile, marquée par des attaques répétées contre les civils et les infrastructures. L’ONU a recensé plus de 200 attaques visant des structures de santé depuis le début du conflit, ayant causé plus de 2.000 morts.
Face à cette détérioration continue, l’organisation appelle à un cessez-le-feu immédiat, à la protection des populations civiles et à la garantie d’un accès humanitaire sans restriction.
