Afrique : Les œuvres africaines pillées, la France veut accélérer leur restitution

L’Assemblée nationale française examine ce lundi un projet de loi très attendu en Afrique, visant à faciliter la restitution des œuvres d’art pillées durant la colonisation aux XIXe et XXe siècles.

Promis en 2017 par le président Emmanuel Macron lors d’un discours à Ouagadougou, ce texte, plusieurs fois repoussé, a été adopté à l’unanimité par le Sénat fin janvier. Il sera débattu à partir de 16h00 (14h00 GMT).

Les demandes de restitution remontent aux indépendances africaines et se sont intensifiées dans les années 1970 sous l’impulsion de l’Unesco. Longtemps freinées par les grands musées occidentaux, elles ont regagné en visibilité dans les années 2010.

Depuis 2017, les restitutions restent limitées. La France a toutefois marqué un tournant en 2020 avec le retour de 26 trésors d’Abomey au Bénin et du sabre d’El Hadj Omar au Sénégal. Plus récemment, début 2026, le « tambour parleur » Djidji Ayokwe a été restitué à la Côte d’Ivoire après plus d’un siècle.

Le principal obstacle réside dans le principe d’inaliénabilité des collections publiques, qui impose l’adoption de lois spécifiques pour chaque restitution. Le nouveau projet de loi vise à simplifier ce processus en permettant des restitutions par décret, afin de gagner en efficacité.

Le texte concerne les biens acquis entre 1815 et 1972, une limite qui suscite des débats dans le paysage politique français.

Pour l’heure, les demandes restent peu nombreuses, une dizaine selon la ministre de la Culture mais pourraient augmenter après l’adoption de la loi. Parmi elles, l’Algérie réclame des objets liés à l’émir Abdelkader, le Mali des pièces du trésor de Ségou, et le Bénin a formulé de nouvelles requêtes.

Les positions politiques divergent : le Rassemblement national souhaite limiter les restitutions à des pays jugés « proches » de la France, tandis que des élus de gauche dénoncent l’absence du terme « colonisation » dans le texte et pointent un manque de reconnaissance historique.