Le Niger et plusieurs entreprises chinoises actives dans le secteur pétrolier ont signé lundi une série d’accords visant à relancer la production et les exportations de brut, après une année marquée par des tensions entre les deux parties.
Depuis le coup d’état de juillet 2023, les autorités nigériennes ont adopté une ligne souverainiste, notamment dans la gestion des ressources naturelles comme le pétrole et l’uranium. Elles reprochaient aux sociétés chinoises de ne pas respecter suffisamment la réglementation locale et de négliger la valorisation de la main-d’œuvre nationale. Dans ce contexte, plusieurs responsables et employés chinois avaient été contraints de quitter le pays, avant d’être remplacés.
Les nouveaux accords, conclus à Niamey en présence du Premier ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, prévoient notamment la relance de deux projets majeurs, Dinga Deep et Abolo-Yogou. Ces investissements, estimés à un milliard de dollars, devraient permettre d’augmenter la production quotidienne de 110 000 à 145 000 barils d’ici 2029, selon le ministre des Affaires étrangères Bakary Yaou Sangaré.
Par ailleurs, le coût du transport du brut via l’oléoduc d’exportation sera fortement réduit, passant de 27 à 15 dollars par baril, ce qui représente une économie annuelle estimée à plus de 100 millions de dollars. L’État nigérien a également obtenu une participation de 45 % dans la West African Oil Pipeline Company, filiale de la China National Petroleum Corporation, qui exploite un pipeline reliant le Niger au Bénin.
Les accords incluent aussi des engagements en matière d’emploi et de transfert de compétences, avec la création de 450 postes d’ici 2030, un recours accru aux entreprises locales et une harmonisation des salaires entre employés expatriés et nigériens.
Concernant l’exploitation de l’uranium, les autorités ont annoncé la création d’une nouvelle société nationale en remplacement de la Somaïr, ancienne filiale du groupe français Orano, nationalisée en 2025.
Baptisée Tsumco SA, cette entité s’inscrit dans la volonté du pays de reprendre le contrôle de ses ressources stratégiques.
