OMS : Alerte sur la progression de l’épidémie d’Ebola en RDC et en Ouganda

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que l’épidémie d’Ebola actuellement en cours en République démocratique du Congo circulait probablement depuis plusieurs mois avant d’être détectée. L’ampleur de la propagation laisse craindre une situation plus grave que les chiffres officiellement confirmés jusqu’à présent.

Lors d’un point de presse, Anaïs Legand, experte technique de l’OMS spécialisée dans les fièvres hémorragiques virales, a expliqué que les investigations se poursuivent afin de déterminer l’origine exacte de l’épidémie. Elle a toutefois insisté sur l’urgence de renforcer le traçage des contacts, l’isolement des patients et la prise en charge des cas suspects et confirmés pour interrompre la transmission du virus.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que le risque lié à cette flambée est jugé élevé aux niveaux national et régional, notamment en RDC et en Ouganda, tout en restant limité à l’échelle mondiale.

L’organisation a récemment déclenché une urgence de santé publique de portée internationale afin de mobiliser rapidement la communauté internationale. Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette décision exceptionnelle a été prise après des consultations avec les autorités sanitaires congolaises et ougandaises.

D’après les données de l’OMS, 51 cas confirmés ont été recensés en RDC dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, notamment dans les villes de Bunia et Goma. L’Ouganda a également signalé deux cas confirmés à Kampala, dont un décès lié à des voyageurs en provenance de la RDC. Un ressortissant américain travaillant en RDC a par ailleurs été testé positif avant d’être transféré en Allemagne.

L’OMS estime cependant que le bilan réel pourrait être bien plus lourd, évoquant près de 600 cas suspects et 139 décès suspects. L’organisation s’attend à une augmentation des chiffres en raison de la circulation prolongée du virus avant sa détection.

Plusieurs facteurs aggravent les risques de propagation, notamment les contaminations parmi le personnel médical, la progression du virus dans des zones urbaines densément peuplées et les déplacements massifs de population dans l’est de la RDC. La situation sécuritaire en Ituri, marquée par des violences et plus de 100.000 déplacés récents, complique également la riposte sanitaire.

L’OMS précise que cette épidémie est causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement. L’organisation a déjà mobilisé du personnel, des équipements et des financements d’urgence, portant son aide immédiate à près de 3,9 millions de dollars.