Ethiopie : Des centaines de civils fuient les combats au Tigré vers le Soudan

Des centaines d’habitants du nord de l’Ethiopie ont trouvé refuge au Soudan ces derniers jours pour échapper à la reprise des affrontements armés dans la région du Tigré, ont indiqué dimanche des sources soudanaises.

Les combats opposent les forces fédérales éthiopiennes aux rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dans un contexte de fortes tensions entre les deux camps, qui s’accusent mutuellement de préparer une nouvelle guerre.

Selon une source médicale présente à la frontière, plusieurs combattants blessés ont reçu des soins d’urgence avant d’être transférés vers la localité soudanaise d’Al-Hashaba, située à une quinzaine de kilomètres de la frontière. Cette localité accueille déjà des milliers de déplacés ayant fui le conflit qui a ravagé le Tigré entre 2020 et 2022.

Une source sécuritaire soudanaise affirme qu’Al-Hashaba sert également de centre administratif à une unité armée liée au TPLF. Certains de ses membres auraient rejoint les combats au Soudan aux côtés de groupes impliqués dans la guerre qui oppose, depuis plus de trois ans, l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR).

Cette situation alimente les tensions entre Khartoum et Addis-Abeba. En mai dernier, l’Ethiopie a accusé l’armée soudanaise de soutenir des combattants affiliés au TPLF, tandis que le Soudan reproche à son voisin d’avoir laissé des drones opérer depuis son territoire.

Selon un responsable du TPLF, les affrontements de samedi se sont concentrés à Shererina, près de la frontière soudanaise, où des échanges d’artillerie lourde et des frappes de drones ont été signalés. Des habitants du côté soudanais ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions et des tirs soutenus. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante par l’AFP.

La résurgence des violences ravive les craintes d’un nouveau conflit majeur au Tigré, moins de quatre ans après la guerre de 2020-2022. Ce conflit, qui avait opposé les forces fédérales, appuyées par des milices locales et l’armée érythréenne, aux rebelles du TPLF, a fait au moins 600 000 morts, selon une estimation de l’Union africaine.