Algérie : Le général Saïd Chengriha serre les rangs et les casernes tremblent

Une série de changements touchent depuis quelques jours des officiers de l’armée, de la gendarmerie nationale et des services de sécurité, interroge sur les rapports de force au sein de l’Etat ainsi que sur la volonté et le réveil du général Saïd Chengriha de consolider son autorité.

Cette décision intervient dans un contexte où la question de l’équilibre entre les différentes composantes de l’appareil militaire, sécuritaire et le pouvoir présidentiel, demeure sensible. Depuis plusieurs années, les changements à la tête de certaines structures ont régulièrement été interprétés comme des opérations de restructuration, de renouvellement des équipes dirigeantes ou de repositionnement des rapports de force.

A la tête de l’état-major de l’Armée nationale populaire, le général Saïd Chengriha occupe une position centrale dans le dispositif militaire et civil algérien. Les mouvements récents au sein de la hiérarchie peuvent ainsi être lus comme une volonté de renforcer la cohésion de la chaîne de commandement et de réduire les foyers de contestation interne.

Selon les experts militaires, ces changements seraient également liés à la volonté du général de neutraliser les responsables susceptibles de contester son autorité ou de développer leurs propres réseaux d’influence.

L’une des interprétations avancées autour de ces évolutions concerne la crainte d’un scénario comparable à celui qu’a connu la Turquie, où les relations entre le pouvoir politique et l’appareil militaire ont longtemps constitué un enjeu majeur.

Dans cette perspective, le président Abdelmadjid Tebboune chercherait à préserver l’équilibre institutionnel tout en maintenant un contrôle sur les structures sécuritaires et militaires. La consolidation de la chaîne de commandement militaire pourrait alors être présentée comme un moyen de prévenir toute initiative autonome susceptible de déstabiliser les institutions.

Les mouvements observés ne concernent pas uniquement l’état-major. La Gendarmerie nationale et les services de sécurité font également partie de cet environnement de réorganisation.

Ces changements peuvent répondre à plusieurs logiques : le renouvellement générationnel, le redéploiement des responsabilités, la réorganisation administrative, le renforcement de certaines structures et la volonté de placer de nouveaux responsables acquis à des postes stratégiques.

D’après un ex-général algérien à l’étranger, cette dynamique présente une opération destinée à restaurer la discipline, renforcer la cohésion institutionnelle et écarter les responsables dont le maintien serait jugé incompatible avec les nouvelles orientations du commandement.

Pour d’autres, les changements au sein des institutions militaires et sécuritaires algériennes constituent des indicateurs importants de l’évolution des rapports de force avec le palais el Mouradia du président Abdelmadjid Tebboune, où le général Saïd Chengriha veut s’affirmer le gardien des institutions civiles et militaires en Algérie.