Nigeria : Une enquête ordonnée après la mort de 37 mineurs en détention

Le gouvernement nigérian a ordonné vendredi une enquête approfondie après la mort de 37 mineurs présumés illégaux, décédés la veille dans un centre de détention de Minna, capitale de l’Etat du Niger, dans le centre du pays.

Le ministre de l’Intérieur, Olubunmi Tunji-Ojo, a également décidé de suspendre immédiatement le commandant de l’Etat du Niger du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC), Suberu Siyaka Aniviye. La police avait auparavant annoncé l’ouverture d’investigations sur la mort de plusieurs dizaines de détenus.

Selon un rapport de renseignement consulté par l’AFP, les décès pourraient être liés à la surpopulation et à une mauvaise ventilation dans les locaux de détention. Les autorités n’ont toutefois pas encore établi les causes exactes du drame.

Le gouverneur de l’Etat, Mohammed Umaru Bago, avait annoncé jeudi soir la mort des 37 détenus, évoquant un possible empoisonnement au plomb ou des cas d’asphyxie. Le NSCDC avait, de son côté, avancé dans un premier temps l’hypothèse d’une flambée de diphtérie.

« C’est tellement triste, c’est tellement tragique », avait déclaré le gouverneur, qui a instauré trois jours de deuil et mis en place une commission d’enquête. Le lancement de la campagne électorale dans l’Etat a également été reporté.

Les victimes avaient été arrêtées mardi et mercredi lors d’une opération visant des mineurs artisanaux soupçonnés d’exploiter illégalement des ressources minières. Une vidéo diffusée en ligne montre des dizaines de corps, principalement de jeunes hommes, alignés à l’extérieur du centre. Des proches, accompagnés de volontaires, tentaient d’identifier les victimes.

Riche en or, cuivre et lithium, l’Etat du Niger attire de nombreux exploitants artisanaux. L’activité minière clandestine y est également associée à des réseaux criminels qui extorquent les travailleurs et prélèvent une partie de leur production.

Selon un rapport publié en 2024 par l’ONG SwissAid, une importante partie de l’or extrait illégalement est acheminée vers les Emirats arabes unis, avant d’intégrer les circuits commerciaux internationaux.

Amnesty International a demandé une enquête indépendante, impartiale, transparente et efficace afin d’établir les responsabilités dans cette affaire.