L’Egypte a rouvert samedi son ambassade à Tripoli, restée fermée pendant douze ans en raison de l’instabilité sécuritaire et des violences qui ont plongé la Libye dans le chaos depuis 2011.
La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence du ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, reçu auparavant par le chef du Gouvernement d’unité nationale (GUN), Abdelhamid Dbeibah.
Dans un communiqué, le gouvernement libyen a salué cette réouverture, estimant qu’elle témoignait du « développement des relations bilatérales » entre les deux pays.
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye reste confrontée à une instabilité politique et sécuritaire persistante. En 2014, une coalition de milices, comprenant notamment des groupes islamistes, avait pris le contrôle de Tripoli après plusieurs semaines d’affrontements, contraignant les représentations diplomatiques et les organisations non gouvernementales à quitter le pays.
L’Egypte avait alors fermé son ambassade après l’enlèvement de cinq membres de son personnel diplomatique par des hommes armés.
Le pays reste aujourd’hui divisé entre deux pouvoirs rivaux : le Gouvernement d’unité nationale, basé à Tripoli et dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par les Nations unies, et une autorité installée dans l’Est, à Benghazi, sous l’influence du maréchal Khalifa Haftar et de son clan.
Le rapprochement diplomatique avec Tripoli intervient dans un contexte particulier. Ces dernières années, Le Caire a en effet figuré parmi les principaux soutiens du maréchal Haftar et de ses forces dans l’est de la Libye.
La réouverture de l’ambassade intervient également quelques semaines après la ratification, par le Parlement libyen basé dans l’Est, d’un accord maritime avec la Turquie. Un texte qui a suscité la colère de l’Égypte, laquelle estime qu’il porte atteinte à ses droits sur sa zone maritime.
Cette reprise des activités diplomatiques s’inscrit dans un mouvement plus large de retour des représentations étrangères à Tripoli. Plusieurs pays européens, dont la France, l’Espagne, l’Italie et la Grèce, ont ainsi rouvert leurs ambassades dans la capitale libyenne ces dernières années.
