Guinée : Des milliers d’orpailleurs étrangers interpellés et remis à leurs ambassades

Les autorités guinéennes ont annoncé l’interpellation de milliers d’orpailleurs étrangers, dont 409 Burkinabè et 606 Maliens, sur des sites d’exploitation clandestine de l’or. Ces personnes ont été remises aux représentations diplomatiques de leurs pays respectifs, dans le cadre de la nouvelle offensive de Conakry contre l’orpaillage illégal.

Cette opération fait suite à la décision prise lundi par le gouvernement guinéen d’interdire formellement l’exploitation artisanale de l’or dans plusieurs zones de la région aurifère de Siguiri, au nord-est du pays. Des forces de défense et de sécurité ont également été déployées de manière permanente pour veiller à l’application de cette mesure.

« Des milliers d’orpailleurs de différentes nationalités, parmi lesquels 409 Burkinabè et 606 Maliens, ont été interpellés et remis aux représentations diplomatiques de leurs pays respectifs », a déclaré jeudi soir le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, à l’issue d’une rencontre avec des diplomates à Conakry.

De son côté, le Burkina Faso a engagé le rapatriement de milliers de ses ressortissants présents en Guinée, selon des sources gouvernementales et médiatiques burkinabè citées par l’AFP.

Pour justifier cette décision, les autorités guinéennes mettent en avant les graves conséquences environnementales et sanitaires de l’exploitation clandestine. Le chef de la diplomatie a notamment dénoncé l’utilisation du cyanure, la destruction des cours d’eau et des forêts ainsi que la mortalité animale. « La protection de l’environnement ne peut être sacrifiée au nom de la fraternité africaine », a-t-il insisté.

La répression s’étend également aux responsables locaux. Sept anciens administrateurs territoriaux de la région de Siguiri ont été placés sous mandat de dépôt mercredi, dans le cadre d’une enquête sur les conséquences environnementales de l’orpaillage clandestin.

Si l’exploitation artisanale de l’or constitue une importante source de revenus pour les populations locales, les inspections menées ces derniers mois ont révélé une dégradation préoccupante des sols, des terres agricoles et du couvert végétal, ainsi que la pollution et l’ensablement de plusieurs cours d’eau.

Conakry entend ainsi renforcer le contrôle des activités minières et faire respecter les engagements environnementaux du pays.