L’ONU : Alerte sur les répercussions du conflit soudanais dans la région d’Abyei

Les Nations Unies ont tiré la sonnette d’alarme, jeudi, face à l’aggravation des répercussions du conflit au Soudan sur la région frontalière d’Abyei. Elles ont appelé Khartoum et Juba à renforcer leur dialogue et leur coopération afin d’éviter une dégradation supplémentaire de la situation sécuritaire.

S’exprimant devant le Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Corne de l’Afrique, Guang Cong, a qualifié les frappes de drones menées le 19 octobre contre le marché d’Amiet de l’une des attaques les plus meurtrières jamais enregistrées à Abyei. Il a exhorté les deux pays à ouvrir une enquête indépendante pour établir les circonstances de ces bombardements et traduire leurs auteurs en justice.

L’émissaire onusien a également mis en garde contre la détérioration de la situation humanitaire. Plus de 50.000 réfugiés, rapatriés et demandeurs d’asile ont rejoint le Soudan du Sud en passant par Abyei, alors que les populations sont confrontées à des pénuries alimentaires et à un déficit croissant de financement de l’aide humanitaire.

Les violences récentes ont provoqué des besoins qui dépassent largement les moyens disponibles, a souligné Guang Cong, relevant que les habitants sont exposés à une insécurité grandissante en raison de l’intensification des combats et des frappes de drones.

Pour sa part, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a fait état d’un bilan d’au moins 30 morts et 59 blessés lors des attaques de drones. Ces violences compliquent davantage les conditions d’intervention de la Force intérimaire des Nations Unies pour Abyei (UNISFA).

Selon lui, ces événements témoignent de l’évolution des menaces pesant sur la stabilité de la région, désormais davantage liées aux dynamiques politiques et économiques des conflits régionaux.

Malgré une baisse de 32 % des incidents sécuritaires par rapport à la même période de 2025, Jean-Pierre Lacroix a insisté sur la nécessité de renforcer le soutien international à la mission onusienne, estimant que l’UNISFA en avait « besoin plus que jamais ».