Benin : Romuald Wadagni remanie le commandement militaire face aux menaces sécuritaires

Le président béninois, Romuald Wadagni, a engagé mercredi une importante réorganisation de la hiérarchie militaire, avec le renouvellement des principaux responsables des forces armées. Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la persistance de la menace jihadiste dans le nord du pays et les séquelles de la tentative de coup d’État de décembre 2025.

Réuni en Conseil des ministres, l’exécutif a annoncé la nomination du général Abou Issa au poste de chef d’état-major général des armées, en remplacement du général Fructueux Gbaguidi, désormais nommé secrétaire permanent du Conseil national de défense et de sécurité.

Le remaniement touche également les différentes composantes des forces armées. Le colonel André Dokoui Fofo prend la tête de l’armée de terre, tandis que le colonel Hervé Sètondji Allotchenou est nommé chef d’état-major de l’armée de l’air. La marine nationale sera, quant à elle, dirigée par le capitaine de vaisseau major Dossa Hounkpatin.

Cette réorganisation intervient près d’un an après la tentative de putsch de décembre 2025, déjouée par les forces armées béninoises avec, par la suite, l’appui de la France et du Nigeria.

Parallèlement, le Bénin reste confronté à l’expansion des groupes jihadistes dans ses régions septentrionales, frontalières du Burkina Faso et du Niger. Des organisations affiliées à Al-Qaïda et à l’État islamique y multiplient leurs activités, faisant peser une menace croissante sur les positions militaires et les populations civiles.

Malgré le renforcement des dispositifs de surveillance et les opérations de sécurisation, plusieurs attaques meurtrières ont visé les forces béninoises dans cette partie du territoire.

Élu en avril pour un mandat de sept ans, Romuald Wadagni, qui a dirigé le ministère de l’Économie pendant une décennie sous la présidence de Patrice Talon, hérite ainsi d’un dossier sécuritaire particulièrement sensible.

Le Nigeria constitue un partenaire important dans la lutte contre les groupes armés. En revanche, les relations avec les régimes militaires du Burkina Faso et du Niger restent difficiles. Ces derniers reprochent notamment à Cotonou sa proximité avec Paris, dont ils ont progressivement pris leurs distances.

La sécurisation du nord du pays et la consolidation de l’appareil militaire figurent désormais parmi les principaux défis du nouveau président.