Mali: L’intervention militaire, un casse-tête pour l’ONU

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A dater de demain mercredi et pour tout le mois d’août, le Conseil de sécurité de l’ONU sera placé sous la présidence de la France. Et l’Hexagone compte bien profiter de cette occasion pour obtenir l’aval des Nations Unies en vue de la constitution d’une force d’intervention internationale au Mali. Mais le chemin sera long pour arriver à ce résultat.
La première étape se fera le 8 août avec l’audition par le Conseil de sécurité du Secrétaire général Ban Ki-moon. Celui-ci avait été chargé, en vertu de la résolution 2056 du 5 juillet, de présenter au Conseil de sécurité un rapport complet sur la situation dans le nord du Mali. La même résolution attend toujours de la CEDEAO qu’elle fournisse des précisions sur les moyens, les objectifs et les modalités de l’intervention militaire qu’elle souhaite mener dans le pays. Le troisième élément indispensable au déploiement de cette force, moins simple qu’il n’en a à priori l’air, est une demande officielle d’un gouvernement d’union nationale malien. Là encore, un résultat immédiat est loin d’être garanti malgré les récentes dispositions prises par le président intérimaire Dioncounda Traoré. Cette force régionale aura pour mission de stabiliser le sud du Mali avant de songer à la reconquête du Nord. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a d’ores et déjà exclu un déploiement de soldats français sur le terrain. Il envisage en revanche un accompagnement qui prendrait la forme d’un soutien logistique.
Dans ces conditions, si en cas de mandat de l’ONU la force ouest-africaine parvenait à remplir ses missions de sécurisation de la transition politique à Bamako et d’aide à la reconstruction de l’armée malienne, elle aura par contre beaucoup de mal à parvenir à une reconquête rapide du Nord du pays. D’une part en raison des difficultés rencontrées par les pays africains à dégager des effectifs, deux des pays phares sur ce plan, à savoir la Côte d’Ivoire et le Nigeria faisant face à une situation intérieure délicate. D’autre part, le renforcement des groupes extrémistes en hommes, en armes et en moyens financiers, rendra la tâche de la force ouest-africaine d’autant plus ardue.

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