La situation sécuritaire reste fragile en Somalie, où le déploiement de troupes fédérales dans l’Etat du Southwest fait redouter une confrontation avec les forces régionales. Selon des sources sécuritaires, plusieurs centaines de soldats ont été envoyés dans cette zone, accentuant les tensions déjà vives.
Ce déploiement intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la réélection contestée d’Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen à la tête de cet État régional, en désaccord avec le pouvoir central. Au cœur du différend figure également une récente réforme constitutionnelle, qui prévoit notamment un mandat présidentiel porté à cinq ans et l’instauration du suffrage universel pour l’élection des parlementaires.
D’après plusieurs informations, Mogadiscio aurait mobilisé des unités d’élite, dont la force Gor-Gor formée par la Turquie et la police spéciale Haramacad, en appui à des milices locales opposées à l’administration régionale. Entre 600 et 800 militaires auraient été déployés, épaulés par plusieurs centaines de combattants recrutés localement.
Face à cette montée en puissance, les autorités du Southwest auraient également mobilisé leurs propres forces, connues sous le nom de Darwiish. A Baidoa, capitale régionale située à environ 250 km de Mogadiscio, des habitants rapportent des mouvements de population, certains civils ayant quitté la ville par crainte d’affrontements imminents.
Sur le terrain, l’insécurité demeure aggravée par les attaques des shebab, groupe affilié à Al-Qaïda. Un convoi de l’armée somalienne a récemment été pris pour cible, faisant au moins 21 morts parmi les insurgés, selon le ministère de la Défense, qui n’a pas signalé de pertes dans ses rangs.
Par ailleurs, les forces somaliennes, soutenues par la mission de l’Union africaine (AUSSOM), ont mené une opération dans la région du Bas-Shabelle, déjouant une tentative d’attaque contre la ville stratégique de Moubarak. Plus de 40 combattants d’Al Shabab auraient été tués lors de cette intervention.
Face à ces tensions, l’Union africaine a appelé à la retenue et au dialogue, tandis que l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) s’est dite prête à faciliter une médiation.
Alors que des élections sont prévues en juin, la Somalie reste confrontée à un double défi : contenir l’insurrection jihadiste et éviter une escalade politique interne susceptible de fragiliser davantage le pays.
