A quelques semaines des élections générales prévues en juin, les autorités éthiopiennes ont annoncé une opération d’envergure visant à préserver la stabilité du pays. Le Service national de renseignement et de sécurité (NISS) a indiqué avoir arrêté 138 personnes soupçonnées de menacer l’ordre public et le processus électoral.
Selon un communiqué diffusé par les médias, ces interpellations font suite à une action coordonnée menée le 17 avril par les forces fédérales et régionales. Les suspects seraient liés à des réseaux terroristes et extrémistes et impliqués dans des projets de déstabilisation à Addis-Abeba ainsi que dans plusieurs grandes villes.
Les investigations ont mis en lumière un ensemble d’activités clandestines, notamment la création de cellules au profit de groupes armés, la collecte d’informations sensibles et la préparation d’attaques violentes, incluant des attentats et des enlèvements. Certains des individus arrêtés auraient également participé à des tentatives visant à perturber le scrutin et à attiser des tensions à caractère ethnique ou religieux.
L’enquête évoque par ailleurs un soutien logistique structuré à ces groupes, comprenant l’acheminement de fonds, de vivres, d’équipements de communication, de cartes SIM, d’uniformes, ainsi que d’armes et de munitions. L’opération a aussi ciblé des réseaux impliqués dans des activités criminelles telles que le trafic d’armes, la traite d’êtres humains et la contrebande.
Lors des arrestations, les forces de sécurité ont saisi un arsenal important, incluant armes à feu, explosifs, grenades, munitions, ainsi que des devises étrangères et divers produits issus de circuits illégaux.
En parallèle, la situation politique demeure tendue dans le nord du pays. Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), formation dominante dans la région du Tigré, a annoncé le rétablissement du Parlement régional, une initiative contestée par le pouvoir fédéral. Cette décision ravive les divergences entre les deux camps et alimente les inquiétudes quant à une possible résurgence des tensions.
Pour rappel, ce Parlement avait été élu en 2020, en dépit du report des législatives nationales décidé par le Premier ministre Abiy Ahmed, une décision rejetée par le TPLF. Ce désaccord avait contribué à déclencher le conflit meurtrier entre les forces tigréennes et l’armée fédérale, appuyée par des milices locales et des troupes érythréennes, qui a fait des centaines de milliers de victimes entre 2020 et 2022.
Bien qu’un accord de paix signé à Pretoria ait permis de mettre fin aux hostilités, le Tigré reste aujourd’hui administré par une autorité intérimaire désignée par Addis-Abeba, dans un contexte où les fragilités politiques et sécuritaires persistent.
