Les services de renseignement israéliens commencent à observer avec un prisme les réseaux liés à l’Iran en Afrique du Nord et dans la bande sahélienne. Longtemps concentrée sur le Levant et le golfe Persique, la confrontation directe entre Israël et Téhéran s’étend vers des territoires immenses, instables et difficiles à contrôler.
Selon plusieurs analystes, l’Iran cherche à développer une stratégie d’influence en Afrique du nord et dans le Sahel en s’appuyant sur l’Algérie par des intermédiaires locaux : groupes armés du Polisario, du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), le Front de libération de l’Azawad #(FLA), les réseaux de contrebande, les milices communautaires et les organisations idéologiques chiites des gardiens de la révolution iranienne.
L’objectif ne serait pas nécessairement de créer une présence militaire visible, mais plutôt d’installer des relais capables d’agir à distance contre les intérêts israéliens et occidentaux.
Des régions frontalières du Mali, du Niger et du sud de la Libye, sont devenues des zones grises où circulent armes, drones et financements clandestins. Des cellules utiliseraient les routes sahariennes pour déplacer équipements et combattants à travers des territoires quasiment hors du contrôle des États.
A Tel-Aviv, plusieurs responsables sécuritaires estiment que cette évolution représente une nouvelle phase de la «guerre périphérique» menée par Téhéran.
Selon notre correspondant à Israël, «L’Afrique du Nord et le Sahel offrent un terrain idéal aux guerres hybrides». «Les frontières poreuses, la faiblesse institutionnelle et la prolifération des groupes armés permettent à des puissances extérieures d’agir sans apparaître directement».
Les inquiétudes porteraient sur la possibilité d’attaques contre des intérêts israéliens dans la région : entreprises technologiques, coopérations sécuritaires, infrastructures portuaires ou représentations diplomatiques.
A Alger, les autorités du régime militaire algérien considèrent les accords sécuritaires conclus entre Israël et certains pays africains comme une menace stratégique majeure. Les médias publics algériens évoquent régulièrement une pénétration israélienne dans le Maghreb et le Sahel, accusant Tel-Aviv de vouloir construire un arc d’influence militaire autour de l’Algérie grâce aux technologies de surveillance, aux drones et aux partenariats de renseignement.
Pour l’administration des Etats Unis, un allié d’Israël, le régime militaire algérien avec l’Iran, sont une menace potentielle pour la stabilité régionale en Afrique et en mer Méditerranée.
