Somalie : La situation alimentaire se détériore 

La situation alimentaire en Somalie se détériore rapidement, alerte le Programme alimentaire mondial (PAM). Selon l’agence onusienne, près de six millions de personnes, soit environ un tiers de la population, font face à une insécurité alimentaire aiguë.

Parmi elles, deux millions sont déjà plongées dans une phase critique, proche de la famine, a indiqué à Genève le directeur exécutif adjoint du PAM, Matthew Hollingworth, à l’issue d’une mission d’une semaine dans le pays. Les enfants paient un lourd tribut : environ 1,9 million souffrent de malnutrition aiguë, dont un grand nombre exposé aux formes les plus sévères.

Cette crise trouve son origine dans une succession de saisons des pluies insuffisantes. Les conséquences sont dévastatrices : récoltes anéanties, bétail décimé, pénurie d’eau, notamment dans la région du Puntland, et effondrement des moyens de subsistance pour des millions de personnes.

Face à cette situation, de nombreuses familles abandonnent leurs villages, cherchant désespérément nourriture, eau et assistance. Mais l’insécurité persistante complique l’accès humanitaire et perturbe les circuits commerciaux, aggravant encore la vulnérabilité des populations.

A ces difficultés s’ajoutent des facteurs externes. Les répercussions du conflit au Moyen-Orient ont entraîné une flambée des prix : dans certaines zones, les denrées alimentaires ont augmenté de 70 %, tandis que le coût du carburant a bondi de 150 %, rendant l’acheminement de l’aide encore plus complexe.

Le manque de financements accentue la crise. Faute de ressources suffisantes, le PAM et ses partenaires ont fortement réduit leurs interventions. Le nombre de bénéficiaires a chuté drastiquement par rapport à l’année précédente, et seule une minorité des personnes dans le besoin reçoit désormais une assistance.

Dans plusieurs centres de santé du Puntland, les programmes de prévention nutritionnelle ont été suspendus, limitant la prise en charge des cas les plus vulnérables.

L’agence onusienne tire la sonnette d’alarme : sans un soutien financier immédiat, ses opérations pourraient cesser dès juillet. Rappelant qu’une mobilisation internationale avait permis d’éviter le pire en 2022, le PAM insiste sur l’urgence d’une réaction rapide pour empêcher que la crise actuelle ne dégénère en catastrophe humanitaire majeure.