Le communiqué militaire diffusé par le Polisario après l’attaque revendiquée dans le secteur de Guelta ne constitue pas seulement un épisode supplémentaire dans le conflit du Sahara occidental. Il s’inscrit dans une stratégie politique plus large : rappeler à la communauté internationale que, malgré les avancées diplomatiques du Maroc, le Front Polisario et son parrain algérien entendent maintenir une logique d’affrontement permanent.
Selon le communiqué publié uniquement en arabe par la branche militaire du mouvement séparatiste, des unités armées ont mené, le 26 mai 2026, des bombardements ciblant des positions marocaines dans la zone d’Achrek Tourta, dans le secteur de Guelta, causant des pertes importantes dans les rangs des forces d’occupation marocaines. (SPS)
Cette revendication intervient quelques jours après l’attaque de Smara, qui avait déjà suscité de vives inquiétudes et condamnations parmi plusieurs partenaires du Royaume.
Derrière ces communications militaires répétitives, se dessine désormais un message clair : Alger et le Polisario refusent de voir le dossier du Sahara évoluer vers une solution définitivement favorable à Rabat.
Depuis plusieurs années, la dynamique diplomatique penche nettement en faveur du Maroc. Les États-Unis ont maintenu leur reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara. Plusieurs puissances européennes qualifient désormais publiquement le plan marocain d’autonomie de solution “sérieuse, crédible et réaliste”. Dans le monde arabe et africain, l’ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla a consacré une nouvelle réalité diplomatique difficilement contestable.
L’Algérie semble avoir choisi l’escalade militaire comme instrument de visibilité politique pour empêcher que le conflit soit considéré comme un dossier réglé sur le plan international. Ensuite, maintenir une tension permanente dans une région déjà fragilisée par les réseaux terroristes sahéliens, les trafics transfrontaliers et l’instabilité sécuritaire. Enfin, adresser un avertissement direct aux capitales ayant renforcé leur soutien au Maroc.
Le régime militaire algérien sait que le temps ne joue plus en sa faveur. Chaque nouveau soutien international au plan d’autonomie marocain réduit davantage sa marge politique. Chaque ouverture de représentation diplomatique dans les provinces du Sud renforce la position de Rabat. Chaque évolution européenne ou américaine accentue l’isolement stratégique d’Alger sur ce dossier.
Dans ce contexte, l’activation du Polisario apparaît comme une tentative de réintroduire la question saharienne dans l’agenda sécuritaire régional et international.
Ces dernières années, le Polisario considéré par plusieurs experts comme organisation terroriste, a été fragilisé par une succession de revers diplomatiques, tandis que plusieurs rapports sécuritaires et analyses régionales ont alimenté les inquiétudes autour de ses connexions avec des réseaux liés au Hamas, aux Gardiens de la révolution iranienne ainsi qu’à certains groupes armés actifs comme le JNIM dans la bande sahélo-saharienne.
Plusieurs observateurs redoutent désormais que la persistance de cette logique d’escalade transforme progressivement la région en un nouveau foyer de tensions hybrides mêlant Trafic d’armes et drogues, séparatisme armé, instrumentalisation politique et instabilité régionale.
En maintenant une rhétorique guerrière et des opérations revendiquées contre le Maroc, le pouvoir algérien cherche avant tout à empêcher l’enterrement diplomatique définitif du Polisario.
Cette posture vise également à maintenir une pression politique, médiatique sur l’opinion interne algérienne ainsi que les acteurs internationaux impliqués dans le dossier, surtout la Mauritanie.
Mais cette stratégie comporte un risque majeur au moment même où une large partie de la communauté internationale semble désormais privilégier une solution politique fondée sur la souveraineté marocaine et l’autonomie sous administration du Royaume.
