Le Niger franchit une étape majeure dans sa prise de distance avec les institutions internationales. La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mardi que Niamey avait officiellement notifié son retrait de l’organisation. La décision, transmise le 18 juin au secrétaire général de l’ONU, prendra effet le 18 juin 2027, conformément aux dispositions du Statut de Rome.
Sous la direction du général Abdourahamane Tiani depuis le coup d’Etat de 2023, le Niger devient ainsi le premier membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Mali et du Burkina Faso, à concrétiser l’annonce commune faite en septembre 2025 concernant un départ de la CPI.
Dans sa notification, le gouvernement nigérien reproche à la juridiction internationale d’avoir été victime de « manipulations » et d’« usages détournés », des critiques régulièrement formulées par plusieurs pays africains. La CPI a dit regretter cette décision tout en rappelant que le Niger demeure tenu de coopérer avec elle jusqu’à l’entrée en vigueur effective de son retrait.
Créée en 2002 pour juger les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression, la CPI compte aujourd’hui 125 États parties. Jusqu’à présent, seuls le Burundi et les Philippines ont quitté l’institution.
Parallèlement, les relations entre les pays de l’AES et l’Union européenne continuent de se tendre. A Ouagadougou, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a convoqué l’ambassadeur de l’Union européenne, Philippe Bronchain, afin de protester contre une récente résolution du Parlement européen portant sur la liberté d’expression et la lutte antiterroriste au Burkina Faso.
Le chef de la diplomatie burkinabè a dénoncé un texte reposant, selon lui, sur des informations inexactes et constituant une ingérence dans les affaires nationales. Il a également accusé l’institution européenne de faire preuve de mépris envers les efforts déployés par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour faire face à l’insécurité dans la région.
Réaffirmant la souveraineté de son pays, Karamoko Jean-Marie Traoré a rejeté toute tentative d’évaluation extérieure des choix politiques et sécuritaires d’Ouagadougou. Il a également mis en cause les conséquences de l’intervention occidentale en Libye en 2011, qu’il considère comme l’une des principales causes de l’instabilité persistante au Sahel.
