La Cour suprême de Guinée-Bissau a ordonné, vendredi, la remise en liberté de quatre hommes poursuivis pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’État d’octobre 2025. Les intéressés étaient détenus dans une prison militaire en attendant l’ouverture de leur procès.
Dans sa décision, la plus haute juridiction du pays a estimé que les suspects n’avaient pas été officiellement désignés comme tels ni entendus par le parquet avant leur placement en détention, jugeant ainsi la procédure irrégulière.
Parmi les personnes libérées figure le général Daba Na Walna, présenté par les autorités comme le principal instigateur de la tentative de putsch. Ancien directeur général du centre de formation militaire de Guinée-Bissau, il avait été arrêté alors qu’il occupait encore ce poste. Les quatre hommes avaient passé plus de six mois en détention provisoire.
Leurs avocats soutiennent que les preuves retenues contre leurs clients auraient été obtenues sous la torture, une accusation que les autorités n’ont pas commentée.
Cette décision intervient au lendemain de la libération de Domingos Simões Pereira, chef de file de l’opposition, également mis en cause dans cette affaire. Sorti de prison jeudi, il s’est rendu au Portugal afin d’y recevoir des soins médicaux.
Le 31 octobre 2025, les forces armées bissau-guinéennes avaient annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel ». Toutefois, un mois plus tard, l’armée s’est emparée du pouvoir à la faveur d’un coup d’État intervenu quelques jours après l’élection présidentielle, renversant le président sortant Umaro Sissoco Embaló.
Pays lusophone d’Afrique de l’Ouest, la Guinée-Bissau est régulièrement confrontée à une instabilité politique chronique. Avant le putsch du 26 novembre 2025, le pays avait déjà connu quatre coups d’Etat ainsi que de nombreuses tentatives de renversement du pouvoir depuis son indépendance vis-à-vis du Portugal.
