Tchad : N’Djaména annonce son retrait de la Cour pénale internationale

Le Tchad a annoncé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que l’institution, en activité depuis 2002, présente un bilan jugé insuffisant et un fonctionnement marqué par un traitement inégal des situations à travers le monde.

Dans un communiqué publié lundi, le porte-parole du gouvernement a indiqué que cette décision fait suite à une évaluation approfondie des activités de la juridiction. Selon les autorités tchadiennes, la CPI concentre l’essentiel de ses enquêtes sur le continent africain, alimentant les critiques sur une justice appliquée « à géométrie variable ».

Le gouvernement souligne que, sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis sa création, neuf concernent des pays africains, tandis que les quatre autres, portant sur des situations hors d’Afrique, n’auraient enregistré que peu de progrès. Le communiqué relève également que, parmi les sept personnes actuellement détenues par la CPI, six sont poursuivies dans des affaires liées au continent africain.

Cette annonce intervient quelques jours après un échange téléphonique entre le ministre tchadien des Affaires étrangères et le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines. Selon un communiqué officiel publié jeudi dernier, le responsable américain avait invité N’Djamena à réexaminer son adhésion au Statut de Rome, faisant part des préoccupations de Washington concernant le fonctionnement de la Cour.

Le retrait du Tchad intervient dans un contexte régional particulièrement sensible. Le pays fait régulièrement l’objet d’accusations émanant d’organisations nationales et internationales concernant son rôle présumé dans le conflit au Soudan.

N’Djamena est notamment accusée d’apporter un soutien au général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », chef des Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans une guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023. Les autorités tchadiennes sont également critiquées pour des allégations de violations des droits humains, d’arrestations arbitraires et de restrictions des libertés fondamentales, des accusations qu’elles contestent.