Plusieurs militaires nigériens ont été tués vendredi lors d’une attaque menée contre des positions des forces de sécurité à Séguédine, dans l’extrême nord-est du Niger, ont indiqué dimanche à l’AFP des sources sécuritaire et locale.
Cette petite oasis située dans la région de Bilma constitue un important point de passage pour les migrants se dirigeant vers la Libye et, plus loin, vers l’Europe.
L’attaque a ciblé tôt vendredi plusieurs postes de sécurité mixtes, selon une source sécuritaire basée dans le nord du pays. « Il y a eu plusieurs morts et des dégâts », a-t-elle indiqué, sans fournir davantage de précisions. Un habitant de Bilma a également rapporté des pertes humaines et affirmé qu’une partie du camp militaire ainsi que plusieurs véhicules avaient été incendiés.
Les autorités nigériennes n’avaient pas encore communiqué officiellement sur les faits dimanche après-midi.
Le Mouvement patriotique pour la liberté et la justice (MPLJ) a revendiqué l’opération dès samedi. Dans un communiqué publié sur Facebook, le groupe rebelle affirme avoir infligé « 15 victimes » aux Forces de défense et de sécurité (FDS) nigériennes. Ce bilan n’a toutefois pas pu être vérifié indépendamment.
Selon le MPLJ, ses combattants ont attaqué le camp de la Garde nationale ainsi qu’un poste réunissant policiers, gendarmes et douaniers. Le mouvement affirme également avoir causé d’importants dégâts matériels et emporté des véhicules, des armes et des munitions.
Soutenant le président déchu Mohamed Bazoum, renversé lors du coup d’Etat de juillet 2023 et toujours détenu, le MPLJ réclame notamment le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Son chef, Moussa Konaï, et le mouvement sont considérés comme « terroristes » par les autorités de Niamey, dirigées par le général Abdourahamane Tiani.
Depuis environ deux ans, le groupe mène sporadiquement des attaques contre l’oléoduc de près de 2.000 kilomètres reliant les champs pétroliers nigériens au port béninois de Sèmè-Kpodji. En février, l’armée nigérienne avait affirmé avoir repoussé vers le Tchad une offensive du MPLJ visant cette infrastructure stratégique.
