Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a appelé lundi les pays d’Afrique australe à unir leurs efforts pour faire face aux défis liés à l’immigration, après une manifestation hostile aux migrants organisée en marge du sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) à Durban.
Près de 300 personnes ont participé au rassemblement, placé sous haute surveillance policière. Organisée par l’un des principaux mouvements antimigrants du pays, la mobilisation a été accompagnée par des policiers à cheval et à moto, tandis qu’un hélicoptère et plusieurs drones survolaient la zone.
Les manifestants ont défilé jusqu’aux abords du lieu où s’est tenu le 46e sommet de la SADC, qui réunit 16 pays. En tête du cortège, Jacinta Ngobese-Zuma, une figure du mouvement, a appelé plusieurs Etats voisins à reprendre leurs ressortissants présents, selon elle, « illégalement » en Afrique du Sud. Elle a notamment cité le Malawi, le Mozambique et le Zimbabwe.
Avant le sommet, Cyril Ramaphosa avait exprimé la « profonde préoccupation » et la « honte » de son pays face aux discriminations et aux mauvais traitements infligés à des ressortissants étrangers.
À la clôture de la réunion, le chef de l’Etat sud-africain a souligné la nécessité d’une réponse collective au « défi de l’immigration ». Il a indiqué que Pretoria souhaitait « travailler ensemble » avec les autres pays de la région pour y faire face.
La gestion de la crise par les autorités sud-africaines a suscité des critiques de plusieurs pays africains, notamment le Ghana et le Nigeria. L’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, demeure une importante destination migratoire malgré un chômage dépassant 30 % et de fortes disparités sociales.
Désormais à la tête de la présidence tournante de la SADC, Pretoria a également proposé l’organisation d’une conférence panafricaine consacrée aux migrations.
