La Haute Autorité de la Communication a annoncé la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire du Gabon, et ce jusqu’à nouvel ordre. L’instance de régulation justifie cette mesure par la circulation de contenus diffamatoires susceptibles, selon elle, de porter atteinte à la sécurité nationale.
Dans un communiqué diffusé mardi soir par les médias locaux, l’autorité dénonce la propagation répétée, sur les plateformes numériques accessibles dans le pays, de messages jugés inappropriés, haineux, insultants ou diffamatoires, sans préciser la nature exacte des publications concernées.
Selon le régulateur, ces contenus portent atteinte à la dignité humaine, à la moralité publique et à l’honneur des citoyens. Ils menaceraient également la cohésion sociale, la stabilité des institutions républicaines et, plus largement, la sécurité nationale.
Les autorités estiment que ces pratiques contreviennent à la législation en vigueur et reprochent aux plateformes numériques leur passivité ainsi que leur manque d’engagement dans la modération des contenus diffusés.
Si la HAC reconnaît que la liberté d’expression constitue un droit fondamental, elle insiste néanmoins sur le fait qu’elle ne peut s’exercer en contradiction avec les lois nationales et internationales applicables. L’institution met en garde contre des dérives susceptibles d’alimenter des tensions sociales, d’affaiblir les institutions et de compromettre l’unité nationale.
Le pays est actuellement dirigé par le président Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir à la suite du coup d’Etat du 30 août 2023. Elu en avril 2025, il a été investi en mai pour un mandat de sept ans après avoir obtenu 94,85 % des suffrages.
Ce renversement a mis un terme à plus de cinquante ans de domination de la famille Bongo. Il est intervenu après l’annonce de la réélection du président sortant Ali Bongo, au pouvoir depuis 2009 après avoir succédé à son père, Omar Bongo. Le scrutin avait été contesté par l’opposition ainsi que par les putschistes, qui dénonçaient un processus électoral dépourvu de transparence et de crédibilité.
