Sierra Leone : Freetown accuse l’armée guinéenne d’avoir interpellé ses agents de sécurité

Le gouvernement de la Sierra Leone a affirmé mardi que plusieurs membres de ses forces de sécurité, dont un officier, ont été appréhendés puis conduits en territoire guinéen par des éléments de l’armée de Guinée, à la suite d’un incident à la frontière commune.

Dans un communiqué, les autorités sierra-léonaises indiquent que les faits se sont produits lundi dans la localité frontalière de Kalieyereh, située dans le district de Falaba. Des membres des forces armées et de la police y participaient à la fabrication de briques destinées à la construction d’un poste frontalier et de logements pour le personnel affecté sur place.

Selon la même source, les militaires guinéens auraient saisi les armes et les munitions des agents interpellés avant de les emmener de l’autre côté de la frontière. Le nombre exact de personnes concernées n’a pas été précisé.

Freetown assure avoir engagé « des démarches actives par les canaux diplomatiques et sécuritaires établis » afin de localiser les agents et d’obtenir « leur libération sûre et inconditionnelle ». 

Cet épisode ravive un différend frontalier ancien entre les deux pays d’Afrique de l’Ouest, qui remonte à la guerre civile sierra-léonaise (1991-2002). A l’époque, la Sierra Leone avait sollicité l’appui de la Guinée pour sécuriser ses frontières orientales. Mais la présence prolongée de troupes guinéennes après la fin du conflit a alimenté des tensions persistantes.

L’an dernier déjà, l’armée guinéenne était entrée dans une localité frontalière sierra-léonaise riche en ressources minières, suscitant l’inquiétude dans la région.

Le gouvernement sierra-léonais souligne par ailleurs que son drapeau national a été hissé à Kalieyereh et que le territoire où s’est produit l’incident est reconnu comme relevant de la souveraineté de la Sierra Leone.