Le ministre suédois des Migrations, Johan Forssell, a été contraint de répondre jeudi à des accusations relayées par plusieurs médias, mettant en cause de possibles transferts financiers vers la Somalie en lien avec la politique d’expulsion de Stockholm.
D’après des révélations publiées en octobre 2025 par la radio publique SR et le quotidien *Dagens Nyheter*, la Suède, via son agence de développement Sida, aurait alloué près de 100 millions de couronnes (un peu plus de 9 millions d’euros) à la Somalie sur les années 2024 et 2025. Ces financements auraient été accordés dans un contexte où Mogadiscio acceptait le retour de ses ressortissants visés par des mesures d’éloignement prises par les autorités suédoises.
Les mêmes sources, s’appuyant sur des documents et des témoignages concordants, évoquent également le versement d’environ 5 millions de couronnes supplémentaires par le ministère suédois de la Justice, via l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ces fonds auraient servi à rémunérer des fonctions au sein de l’appareil administratif somalien.
L’affaire a rapidement pris une tournure politique en Suède, entraînant le rappel d’un responsable de l’aide suédoise en poste à Mogadiscio et alimentant les critiques de l’opposition, qui réclame des comptes au gouvernement.
Auditionné par la commission constitutionnelle du Parlement, Johan Forssell, également ancien ministre de l’Aide au développement, a rejeté en bloc ces accusations, dénonçant une présentation qu’il juge erronée. Il a notamment réfuté l’existence d’« emplois fictifs », soupçonnés d’avoir bénéficié à des proches du pouvoir somalien, qualifiant ces allégations d’infondées.
Sur le plan migratoire, la Suède a renvoyé vers la Somalie 29 personnes en 2024 et 25 en 2025, parmi lesquelles figuraient des individus condamnés pour diverses infractions.
