Algérie : Trois jours de deuil national après la disparition de Liamine Zeroual

L’Algérie est en deuil après la disparition de l’ancien président Liamine Zeroual, décédé samedi soir à l’âge de 84 ans des suites d’une longue maladie. Hospitalisé à l’hôpital militaire Mohamed Seghir Nekkache à Alger, cet ancien chef de l’État laisse l’image d’une figure respectée de la vie politique nationale.

Les autorités ont décrété trois jours de deuil national, avec des drapeaux mis en berne sur tout le territoire et dans les représentations diplomatiques à l’étranger. Un hommage officiel lui est rendu ce dimanche au Palais du Peuple, où sa dépouille est exposée, avant son inhumation prévue lundi, après la prière du Dohr, dans sa ville natale de Batna.

Ancien militaire issu des rangs de l’Armée de libération nationale, qu’il rejoint à 16 ans, Liamine Zeroual a occupé de hautes responsabilités au sein de l’Armée nationale populaire après l’indépendance. Devenu général en 1988, il accède ensuite au commandement des forces terrestres.

Il prend la tête de l’État en 1994, en pleine guerre civile, avant d’être élu président en 1995 lors du premier scrutin pluraliste du pays. Son mandat est marqué par des tentatives de sortie de crise et par des réformes politiques, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels inscrite dans la Constitution de 1996.

En 1998, il crée la surprise en annonçant son départ anticipé du pouvoir, ouvrant la voie à l’élection de son successeur en 1999. Par la suite, il se retire de la vie politique, tout en conservant une forte popularité auprès de la population.

Son nom a toutefois refait surface lors du mouvement de contestation de 2019. S’il a exprimé son soutien à cette mobilisation, il a refusé de jouer un rôle dans la transition politique.

Décrit comme un dirigeant discret et proche des citoyens, Liamine Zeroual restera associé à une période charnière de l’histoire de l’Algérie, marquée par de profondes turbulences.