Algérie : L’ombre des militaires derrière la Présidence de Ahmed Attaf

Ahmed Attaf, actuel ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines depuis le 18 mars 2023, s’impose comme l’une des figures les plus expérimentées de la diplomatie algérienne. Diplomate de carrière, Attaf connaît bien les rouages du pouvoir et de la scène internationale.

Selon une source proche de la présidence algérienne, Ahmed Attaf bénéficierait de la confiance des plus hautes sphères du pouvoir civil, mais surtout de l’institution militaire, acteur central du système politique du pays, après les limogeages de l’ex-ministre Ramtane Lamamra et du général Mohamed Kaidi.

Cette même source évoque la possibilité qu’il puisse, à terme, être appelé à jouer un rôle politique encore plus déterminant en tant que Président de l’Algérie.

Diplomate chevronné, Ahmed Attaf n’est pas un novice dans ces fonctions. Il avait déjà dirigé le ministère des Affaires étrangères entre 1996 et 1999, durant une période sensible de l’histoire algérienne, marquée par la guerre civile et l’isolement international du pays.

Son retour à la tête de la diplomatie, sur les instructions du Général Saïd Chengriha et du directeur du cabinet de l’actuel Président Abdelmadjid Tebboune, Boualem Boualem, intervient dans un contexte régional et international particulièrement complexe, marqué par des recompositions géopolitiques au Sahel, en Afrique du nord et au Moyen-Orient.

Dans un contexte où les lignes de succession demeurent opaques et où les centres de décision restent difficilement lisibles, Ahmed Attaf apparaît, pour certains observateurs, comme une figure de continuité de la doctrine militaire algérienne.

Attaf est perçu, dans les cercles diplomatiques occidentaux, comme «l’épine» dans le dispositif diplomatique et stratégique des positions américaines et israéliennes de l’administration des Etats unis du Président Donald Trump et du premier ministre d’Israël Benyamin Netanyahou, au sein des instances internationales et de négociations en coulisses.

Quoi qu’il en soit, Ahmed Attaf déterminé à contrer l’influence américaine, apparaît comme l’un des piliers de l’appareil diplomatique militaire algérien.

Son expérience, sa longévité et sa connaissance des équilibres internationaux en font un acteur incontournable de la politique étrangère de l’Algérie, dans une période où le régime cherche à affirmer davantage son rôle sur la scène régionale et internationale.

Reste à savoir si cette stature diplomatique, proche de l’Iran et des organisations terroristes en Afrique ainsi qu’au Moyen-Orient, pourra, à terme, se traduire par un rôle politique de premier plan au sommet de l’Etat.