Somalie : Départ de l’ex-dirigeant du Sud-Ouest et mise en place d’un intérim

L’ancien président de l’Etat somalien du Sud-Ouest, Abdiaziz Hassan Mohamed Laftagareen, a quitté le pays après des tensions avec les autorités fédérales, laissant place à une direction provisoire confiée au vice-Premier ministre.

Sa démission, annoncée lundi soir sur les réseaux sociaux, est intervenue peu après la prise de Baïdoa, principale ville de la région, par l’armée fédérale. Le pouvoir central lui reprochait notamment d’avoir prolongé son mandat au-delà de son échéance prévue en 2022. Le départ de l’ex-dirigeant s’est déroulé sans affrontements majeurs, dans le cadre d’un accord négocié avec Mogadiscio.

Selon des sources sécuritaires, les autorités ont organisé son transfert, ainsi que celui de certains proches, vers Nairobi, au Kenya, quelques heures après l’entrée des forces fédérales dans la ville. Initialement, Laftagareen envisageait de résister, mais il a finalement accepté de se retirer pour éviter une escalade.

Ce bras de fer s’inscrivait également dans un désaccord plus large autour de la réforme constitutionnelle adoptée début mars. Celle-ci prévoit notamment l’allongement du mandat présidentiel à cinq ans et l’instauration d’un suffrage universel pour l’élection des parlementaires, remplaçant le système indirect basé sur les clans.

Pour assurer la continuité des institutions, le Premier ministre Hamza Abdi Barre a nommé mercredi soir son adjoint, Jibril Abdirashid Haji, à la tête de l’Etat du Sud-Ouest à titre intérimaire. Cette nomination vise à éviter un vide politique en attendant l’organisation de nouvelles élections.

Arrivé jeudi à Baïdoa, le dirigeant par intérim a appelé à l’apaisement et à la réconciliation, affirmant vouloir collaborer avec toutes les composantes de la société. Il a également garanti l’absence de représailles et encouragé les responsables locaux à reprendre leurs fonctions.

La Somalie se prépare à des élections prévues en juin, mais leur tenue reste incertaine en raison de l’insécurité persistante. Le groupe islamiste shebab continue de mener une insurrection contre le gouvernement depuis plus de vingt ans et contrôle encore de vastes zones du territoire.

Dans ce contexte fragile, les autorités fédérales peinent à étendre leur influence au-delà de Mogadiscio, où un scrutin local s’est tenu récemment, le premier depuis plus de six décennies.