Burkina Faso : Ouagadougou conteste les accusations de HRW sur les violences contre les civils

Les autorités burkinabè ont vivement rejeté un rapport publié par l’ONG Human Rights Watch (HRW), qualifié de « faux » et d’« infondé », qui met en cause les forces armées du pays dans la mort de plus d’un millier de civils depuis 2023. Dans un communiqué diffusé dimanche, le gouvernement dénonce un document reposant, selon lui, sur des allégations sans fondement.

Dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’Etat de septembre 2022, le Burkina Faso reste confronté à une insécurité persistante liée aux groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique. Ces violences ont causé des milliers de victimes au cours de la dernière décennie, malgré les opérations militaires en cours.

Dans son rapport publié jeudi, HRW affirme que les forces armées burkinabè et leurs supplétifs civils seraient responsables de 1.255 morts parmi les civils, sur un total de 1.837 décès recensés entre janvier 2023 et août 2025. L’ONG attribue par ailleurs 582 morts au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda.

L’organisation de défense des droits humains qualifie ces actes d’exactions pouvant relever de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Elle appelle également la Cour pénale internationale à ouvrir un examen préliminaire sur la situation au Burkina Faso.

En réaction, le gouvernement burkinabè fustige un rapport « truffé de conjectures » et critique des méthodes jugées approximatives. Selon les autorités, l’objectif serait de discréditer les forces engagées dans la lutte contre le terrorisme.

L’ONG estime que plusieurs responsables, dont le capitaine Ibrahim Traoré, six hauts cadres burkinabè ainsi que des dirigeants du JNIM, pourraient être tenus pénalement responsables au titre de la responsabilité de commandement.

De son côté, le gouvernement insiste sur le fait que la lutte contre les groupes armés constitue une priorité nationale majeure, assurant qu’elle est menée dans le respect des lois nationales et des engagements internationaux du pays en matière de droits humains.