De nouvelles frappes aériennes en Afrique de l’Ouest suscitent l’inquiétude après la mort de civils au Nigeria et la disparition présumée de dizaines de pêcheurs sur le lac Tchad.
Dans l’État nigérian du Niger (centre-nord), au moins 13 civils ont été tués dimanche lors d’un bombardement de l’armée de l’air visant des groupes criminels armés, communément appelés “bandits”. Selon des responsables locaux, l’attaque, menée à Kusasu, aurait accidentellement touché des habitations. Plusieurs témoignages évoquent des victimes parmi les femmes et les enfants, ainsi que des blessés évacués vers des structures de santé.
Les autorités militaires assurent de leur côté que l’opération ciblait des bases de groupes armés et revendiquent la neutralisation d’environ 70 combattants. Elles affirment toutefois avoir ordonné des vérifications concernant les pertes civiles signalées.
Cet incident rappelle une série de bavures déjà enregistrées dans le pays. En avril dernier, une frappe visant des jihadistes avait fait des dizaines de morts sur un marché dans le nord-est, relançant les critiques sur la conduite des opérations aériennes.
Parallèlement, une autre série de bombardements, cette fois attribuée à l’armée tchadienne, aurait causé de lourdes pertes parmi des pêcheurs nigérians sur le lac Tchad. Depuis plusieurs jours, des avions visent des positions de Boko Haram situées sur des îles à la frontière entre le Nigeria, le Niger et le Tchad.
Selon des sources locales et des groupes d’autodéfense, ces frappes auraient touché des zones de pêche fréquentées par des civils. Une quarantaine de pêcheurs seraient portés disparus, possiblement noyés en tentant de fuir les bombardements.
Le lac Tchad, devenu un bastion de groupes jihadistes depuis plus d’une décennie, attire aussi de nombreux pêcheurs contraints de payer des taxes aux insurgés pour accéder aux zones riches en poissons. Cette cohabitation forcée expose les civils à des risques élevés lors des opérations militaires.
Ce n’est pas la première fois que de telles frappes provoquent des victimes collatérales dans la région. Des incidents similaires avaient déjà été signalés, notamment en 2024, alimentant les tensions autour des stratégies de lutte contre les groupes armés.
Dans un contexte marqué par une double menace, jihadiste et criminelle, le nord du Nigeria et la région du lac Tchad restent parmi les zones les plus instables du continent. L’insurrection en cours a déjà fait des dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, selon les Nations unies.
