Une mise à la retraite anticipée et d’arrestations secoue depuis plusieurs semaines les plus hautes sphères militaires et sécuritaires en Algérie.
Selon des sources proches du pouvoir, ces décisions ont été ordonnées directement par le chef d’état-major des armées, le général Saïd Chengriha, considéré depuis sa nomination comme le véritable centre de décision du pays.
Des diplomates occidentaux estiment que cette campagne vise avant tout à neutraliser l’influence du directeur de cabinet du président Abdelmadjid Tebboune, Boualem Boualem, dont les réseaux s’étaient étendus au sein des services de renseignement intérieur et extérieur.
Depuis plusieurs mois, des tensions croissantes opposaient les cercles proches du général Saïd Chengriha aux responsables sécuritaires réputés fidèles à Boualem Boualem.
D’après des informations recueillies auprès d’anciens responsables gouvernementaux, le directeur de cabinet aurait tenté de renforcer son contrôle sur plusieurs directions stratégiques, notamment celles chargées du contre-espionnage, de la surveillance politique et de la sécurité présidentielle.
Cette évolution aurait été perçue comme une menace directe par le chef d’état-major, dont l’influence sur les institutions demeure prépondérante malgré l’existence formelle d’un pouvoir civil du président Abdelmadjid Tebboune.
« Le président gouverne en apparence, mais les décisions majeures passent par l’état-major », affirme un ancien haut fonctionnaire aujourd’hui exilé en France. « Lorsque certains responsables militaires ont commencé à se rapprocher du directeur de cabinet plutôt que du commandement de l’armée, leur sort était pratiquement scellé ».
Parmi les personnalités écartées figureraient des officiers influents des services de renseignement, des responsables régionaux de la sécurité intérieure ainsi que des officiers supérieurs chargés de dossiers sensibles.
Selon les degrés de leurs implications, certains ont été placés en retraite anticipée pour raisons administratives, tandis que d’autres ont fait l’objet d’enquêtes pour soi-disant corruption, abus d’autorité ou atteinte à la sûreté de l’Etat.
Des médias proches du régime évoquent l’arrestation d’officiers accusés d’avoir constitué des réseaux de corruption au sein des institutions sécuritaires de l’armée, de la gendarmerie et de la police.
Selon nos contacts, le président Abdelmadjid Tebboune, pour sa survie entant que chef de l’Etat, a choisi de ne pas s’opposer à l’état-major afin d’éviter une confrontation ouverte avec l’institution militaire.
Avec le départ forcé de plusieurs responsables influents, le général Saïd Chengriha apparaît comme l’acteur incontournable du système algérien. Plusieurs postes ont été attribués à des officiers proches de son entourage.
Pour les occidentaux, Boualem Boualem resterait le seul homme d’Etat capable de changer le système militaire en Algérie, d’adhérer au processus des accords d’Abraham et de s’éloigner de l’Iran.
