Près de trois semaines après l’attaque meurtrière d’Am Dafock, dans l’extrême nord-est de la République centrafricaine, le Premier ministre Félix Moloua s’est rendu samedi à Birao, chef-lieu de la préfecture du Vakaga, accompagné de plusieurs membres de son gouvernement. Cette visite vise à rassurer les populations et à réaffirmer l’engagement de l’État dans cette région frontalière avec le Soudan.
Située à une soixantaine de kilomètres d’Am Dafock, Birao a accueilli le chef du gouvernement, accompagné notamment des ministres de la Défense, de l’Intérieur, de la Justice, du Désarmement et de l’Action humanitaire. Devant une foule rassemblée à son arrivée, Félix Moloua a lancé un appel à la préservation de la paix, soulignant qu’elle demeure un acquis précieux.
L’attaque du 30 juin a provoqué un important déplacement de population, avec plus de 16.000 personnes contraintes de fuir leur domicile. Des civils ainsi que des membres des forces de sécurité ont perdu la vie, sans qu’un bilan officiel n’ait été communiqué. Les autorités n’ont pas identifié publiquement les responsables, mais le sous-préfet d’Am Dafock a attribué l’assaut à d’anciens combattants de la Séléka, appuyés par des éléments des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises.
Depuis le déclenchement du conflit au Soudan en avril 2023, cette zone frontalière est régulièrement confrontée aux incursions de groupes armés opérant des deux côtés de la frontière.
La visite s’est déroulée sous haute sécurité, avec un dispositif réunissant des Casques bleus zambiens, les Forces armées centrafricaines et des éléments du groupe paramilitaire russe Wagner.
Sur place, le Premier ministre a échangé avec les autorités locales, les chefs traditionnels, les partenaires humanitaires et les acteurs engagés dans la consolidation de la paix. Le ministre du Désarmement, Tomou Dey, a condamné les violences commises par les groupes rebelles et exhorté les habitants à soutenir les forces de défense.
Si certains habitants ont salué cette visite comme un signe de solidarité des autorités, d’autres attendent désormais des mesures concrètes. Plusieurs estiment que les moyens déployés restent insuffisants pour assurer durablement la sécurité dans cette région isolée. Début juillet, le gouvernement avait annoncé un renforcement du dispositif militaire et une présence accrue de l’Etat dans le Vakaga afin de contenir les menaces sécuritaires.
