Côte d’Ivoire : Six responsables du PDCI libérés après neuf mois de détention

Six responsables du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principale formation de l’opposition, ont retrouvé la liberté lundi, mettant fin à neuf mois de détention. L’information a été annoncée par leur avocat, Me Ange Rodrigue Dadje, à l’issue d’une audience devant la chambre antiterroriste.

Dans une publication sur Facebook, l’avocat a précisé que ses clients Allo Pacôme Didier, Kouleon Manhenin, N’Cho Gnangoran, Mabo Koffi Jean Marc, Ouattara Kinjinlman et Niangoran N’Guessan Edouard, ont été remis en liberté et ont pu regagner leurs familles après plusieurs mois d’incarcération.

Ces responsables du PDCI, actifs dans plusieurs communes d’Abidjan, avaient été interpellés entre la fin du mois de septembre et le début du mois d’octobre 2025, dans un contexte marqué par une élection présidentielle particulièrement contestée. Quelques mois plus tôt, en mai, deux autres militants du parti, Clément Kouakou et Denis Brou, avaient déjà bénéficié d’une remise en liberté.

L’élection présidentielle de 2025 s’est déroulée dans un climat de fortes tensions politiques. Plusieurs figures majeures de l’opposition, dont le président du PDCI, Tidjane Thiam, ainsi que l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, avaient été écartées de la course présidentielle à la suite de décisions judiciaires.

Au cours de cette période, plusieurs dizaines de militants et responsables de partis d’opposition ont été arrêtés ou placés en détention. Parallèlement, des centaines de personnes poursuivies pour leur participation à des manifestations interdites pendant la campagne électorale ont été condamnées. Les violences liées au scrutin ont également fait une dizaine de morts.

Face aux critiques de l’opposition, les autorités ivoiriennes ont toujours soutenu que ces arrestations relevaient exclusivement de procédures judiciaires et n’étaient motivées par aucune considération politique.

Ces dernières semaines, plusieurs autres personnalités proches de l’opposition ont également été remises en liberté, notamment Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo, détenu pendant près d’un an, ainsi qu’Ibrahim Zigui, cybermilitant affilié au même courant politique.