L’Arabie saoudite a annoncé, jeudi, la création d’une coalition maritime réunissant 14 pays afin de renforcer la sécurité de la navigation en mer Rouge, dans un contexte marqué par une recrudescence des tensions autour du détroit stratégique de Bab al-Mandeb.
Selon un communiqué du ministère saoudien de la Défense, cette alliance a pour mission de protéger la liberté de navigation, de sécuriser les routes commerciales internationales ainsi que les voies d’approvisionnement en énergie, tout en préservant les intérêts maritimes communs en mer Rouge, dans le détroit de Bab al-Mandeb et dans le golfe d’Aden.
Riyad insiste sur le fait que cette coalition revêt un caractère « exclusivement défensif » et qu’elle ne cible aucun Etat. Le royaume, à l’origine de cette initiative, accueillera le siège de l’organisation.
Outre l’Arabie saoudite, la coalition regroupe le Koweït, Bahreïn, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, le Bangladesh, le Nigeria, le Soudan, Djibouti et la Somalie.
Cette annonce intervient quelques jours après la déclaration des terroristes Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, annonçant un blocus maritime contre l’Arabie saoudite. Les insurgés ont également revendiqué plusieurs attaques contre des pétroliers saoudiens opérant en mer Rouge.
Pour Riyad, la sécurisation du détroit de Bab al-Mandeb est cruciale. Situé à l’entrée sud de la mer Rouge, ce passage constitue un axe essentiel pour les exportations de pétrole saoudiennes, alors que le détroit d’Ormuz, autre point stratégique de transit des hydrocarbures, demeure sous forte influence iranienne.
Mercredi, le gouvernement yéménite a accusé les rebelles Houthis de chercher à reproduire la stratégie de Téhéran en imposant des droits de passage aux navires empruntant la mer Rouge et le détroit de Bab al-Mandeb, une mesure qui pourrait perturber le commerce maritime international et entraîner une hausse des prix du pétrole.
Les tensions entre Riyad et les Houthis se sont ravivées le 13 juillet, mettant fin à quatre années de trêve entre les deux parties, après l’intervention militaire saoudienne lancée en 2015 en soutien au gouvernement yéménite.
