Burkina Faso : Canal+ écope d’une nouvelle amende de 200 millions de FCFA

Le Conseil supérieur de la communication (CSC) du Burkina Faso a infligé une nouvelle sanction financière au groupe français Canal+, lui imposant une amende de 200 millions de FCFA (environ 304 000 euros) pour n’avoir pas respecté son obligation de maintenir en accès libre les chaînes de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB) pour les abonnés installés dans le pays.

Dans un communiqué publié lundi, le président du CSC, Louis Modeste Ouédraogo, indique que cette décision fait suite au constat du non-respect, par Canal+, des délais qui lui avaient été accordés pour se conformer aux exigences du régulateur.

En juin dernier, l’autorité burkinabè avait déjà sanctionné l’opérateur d’une amende de 50 millions de FCFA pour « non-respect de ses obligations conventionnelles », après une mise en demeure. Le groupe disposait alors de 30 jours pour régulariser sa situation.

Depuis février 2024, une convention conclue entre le CSC et Canal+ International impose au diffuseur de garantir la retransmission des chaînes publiques burkinabè, même lorsque les abonnements des clients arrivent à expiration. Les autorités exigent ainsi que les chaînes de la RTB restent accessibles gratuitement et sans condition à tous les abonnés présents sur le territoire national.

Cette nouvelle sanction intervient dans un contexte de durcissement des relations entre les autorités burkinabè et plusieurs médias étrangers.

Dirigé depuis septembre 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’État, le Burkina Faso a multiplié les mesures à l’encontre de médias occidentaux. Depuis la fin de l’année 2022, plusieurs organes internationaux, dont RFI et France 24, ont été suspendus de diffusion, tandis que des correspondants de presse étrangers ont été expulsés.

Les autorités justifient ces décisions par la volonté de défendre la souveraineté nationale et de mieux encadrer le paysage médiatique, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante liée aux attaques jihadistes qui frappent le pays depuis près d’une décennie.