Ouganda : L’avenir de l’AUSSOM en Somalie au cœur des discussions

Les dirigeants des pays contributeurs de troupes à la Mission de soutien de l’Union africaine en Somalie (AUSSOM) se réunissent vendredi à Kampala pour examiner l’avenir de cette force, fragilisée par la décision des Etats-Unis de mettre fin, à partir de 2027, à leur soutien au Bureau d’appui des Nations unies en Somalie (UNSOS), indispensable à son fonctionnement.

Réunis la veille dans la capitale ougandaise, les ministres de la Défense du Burundi, de Djibouti, de l’Egypte, de l’Ethiopie, du Kenya, de l’Ouganda et de la Somalie ont plaidé pour un retrait « ordonné, coordonné et progressif » de l’AUSSOM, afin de permettre un transfert sécurisé des responsabilités aux forces somaliennes.

Ils ont également demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de mettre en place, pour une période de 18 à 24 mois, une mission chargée d’assurer la relève logistique de l’UNSOS. Cette requête se heurte toutefois à l’opposition de Washington, qui a déjà indiqué qu’il s’opposerait à toute prolongation de la mission si les Nations unies continuaient d’en assurer le soutien.

Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils cesseront, après le 31 décembre, leur appui politique et financier à l’UNSOS, qui garantit notamment le transport des troupes, l’acheminement des équipements, des vivres, du carburant et l’évacuation médicale des quelque 11 200 soldats et 680 policiers déployés par l’Union africaine.

Pour plusieurs analystes, cette décision compromet sérieusement l’avenir de l’AUSSOM, confrontée depuis plusieurs années à un déficit chronique de financement. L’Union européenne a réduit son soutien en 2026, tandis que l’Union africaine accuse d’importants arriérés de paiement envers les pays contributeurs.

Des experts redoutent qu’un retrait précipité de la mission ne provoque un effondrement des capacités sécuritaires somaliennes face aux insurgés shebab. Ils évoquent le risque d’un scénario comparable à celui de l’Afghanistan en 2021, où le départ des forces étrangères avait accéléré la prise de pouvoir des talibans.

Face à cette incertitude, le sommet de Kampala apparaît comme une étape décisive pour définir les conditions d’une transition sécuritaire et éviter un vide susceptible de déstabiliser davantage la Somalie.