Alors que le Front Polisario entre dans une phase critique de son enracinement dans les camps de Tindouf, le régime militaire algérien est déterminé à continuer de soutenir un mouvement en déclin, quitte à mettre en péril sa propre stabilité territoriale.
Un paradoxe qui soulève une question centrale : jusqu’où le pouvoir en place est-il prêt à aller pour préserver une posture idéologique, au détriment de la cohésion nationale algérienne elle-même ?
Selon les experts, le PKK, une organisation longtemps considérée comme terroriste et engagée dans une lutte armée contre l’État turc, a récemment annoncé sa dissolution et l’abandon définitif de la violence armée. Ce tournant historique, décidé lors de son 12e Congrès dans les montagnes en Irak, marque une rupture importante dans les stratégies séparatistes violentes.
En contraste frappant, le Front Polisario, dont la structure et les méthodes ressemblent depuis longtemps à celles du PKK, reste enlisé dans une logique d’affrontement armé, encouragée et instrumentalisée, par le régime algérien.
Pendant que le pouvoir d’Alger investit financièrement, politiquement, diplomatiquement et militairement dans le soutien du groupe terroriste Polisario, des tensions internes majeures menacent l’unité du territoire algérien.
Au nord, la Kabylie, région à forte identité culturelle et linguistique, continue de réclamer l’autonomie, voire l’indépendance. Le régime a répondu par la répression, en classant le MAK (Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie) comme organisation terroriste, un label qui ne fait qu’amplifier le fossé entre Alger et cette région stratégique.
Au sud, les régions sahariennes de l’Algérie, riches en ressources naturelles mais longtemps marginalisées, expriment un mécontentement croissant face à l’exclusion économique, à la militarisation excessive et à l’absence de perspectives pour les jeunes. La fracture entre le nord centralisé et le sud ne cesse de s’aggraver, minant silencieusement l’unité nationale.
Dans ce contexte, le soutien obsessionnel au Polisario apparaît de plus en plus comme une fuite en avant, ancrée dans une vision figée du régime.
Pourtant, le monde évolue: le PKK, malgré ses décennies de lutte, a choisi de se retirer de la voie militaire, et de nombreux mouvements séparatistes optent aujourd’hui pour des stratégies politiques et pacifiques.
Mais à Alger, le dogme reste : la cause du Polisario avant tout, même si cela signifie détourner les forces de sécurité d’enjeux internes autrement plus urgents.
Le régime militaire algérien, du trio le président Abdelmadjid Tebboune, du chef de l’armée le général Saïd Chengriha et de Boualem Boualem, donne ainsi le signal dangereux qu’il est prêt à prolonger, voire aggraver, des conflits extérieurs au détriment de sa propre stabilité.
Un choix qui, à terme, pourrait se traduire par un éclatement réel de l’Algérie, prise entre plusieurs tensions régionales mal gérées et une société civile de plus en plus frustrée.