Le Sénégal a adopté une nouvelle législation renforçant les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe. Promulguée par le président Bassirou Diomaye Faye, cette loi prévoit désormais des peines de prison allant de cinq à dix ans, contre des sanctions plus légères auparavant. Le texte, validé le 11 mars par une large majorité parlementaire, s’inscrit dans un contexte de tension croissante autour de cette question.
En plus des peines d’emprisonnement, la loi introduit des amendes nettement plus élevées, pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de francs CFA. Elle prévoit également des poursuites contre toute forme de promotion ou de financement de l’homosexualité. Les sanctions sont encore aggravées lorsque les faits impliquent des mineurs. Toutefois, une disposition vise aussi à punir les accusations mensongères formulées de mauvaise foi.
Ces dernières semaines, le pays a connu une multiplication des arrestations de personnes soupçonnées d’homosexualité, ainsi qu’une intensification des attaques sur les réseaux sociaux. La situation s’est notamment tendue après l’interpellation de plusieurs hommes en février, accusés d’« actes contre nature ».
La réforme a suscité des critiques de la part d’organisations internationales. Le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a dénoncé une atteinte aux droits fondamentaux, tandis que des agences onusiennes ont alerté sur les risques pour la santé publique. Malgré cela, les réactions internationales restent limitées.
Dans un pays où l’influence religieuse est forte, l’homosexualité est largement rejetée par une partie de la société. Des groupes religieux réclament depuis longtemps un durcissement des lois, considéré comme un enjeu politique important.
Si cette nouvelle législation renforce la répression, les relations homosexuelles restent juridiquement qualifiées de délit et non de crime. Un choix critiqué par certains opposants, qui estiment que les promesses initiales du pouvoir n’ont pas été pleinement respectées.
