Un avion affrété par les autorités américaines et transportant plusieurs personnes expulsées des Etats-Unis était en route vendredi vers la République centrafricaine, selon des informations recueillies auprès d’une organisation de suivi des vols d’expulsion et d’une avocate spécialisée en immigration. À son bord se trouveraient des ressortissants iraniens, afghans, turcs et géorgiens.
L’appareil a quitté jeudi soir Alexandria, en Louisiane, avec une escale prévue au Ghana, devenu l’un des principaux points de transit utilisés par Washington pour ses expulsions vers des pays tiers. Il reste toutefois incertain que tous les passagers poursuivent leur voyage jusqu’à Bangui.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie migratoire renforcée de l’administration de Donald Trump, qui multiplie les expulsions vers des pays autres que ceux d’origine des migrants. Une politique controversée, dont la légalité fait l’objet de recours devant plusieurs juridictions américaines et internationales.
Selon l’avocate Alma David, certaines des personnes concernées bénéficiaient pourtant de protections juridiques, notamment d’une suspension d’expulsion, un statut accordé à des individus risquant des persécutions ou des dangers dans leur pays d’origine.
La présence de ressortissants iraniens suscite également des interrogations. Alors que Washington qualifie régulièrement Téhéran de régime hostile, des Iraniens ayant fui leur pays continuent d’être visés par ces procédures d’éloignement. D’après le quotidien The New York Times, au moins deux femmes iraniennes figureraient parmi les passagers.
Le sort réservé aux expulsés une fois arrivés en République centrafricaine demeure inconnu. Aucun détail n’a été communiqué sur leur statut ou leurs conditions d’accueil dans ce pays parmi les plus pauvres du monde, encore marqué par des années de conflits armés. Le département d’Etat américain déconseille d’ailleurs à ses ressortissants tout déplacement dans ce pays.
Des témoignages recueillis lors de précédentes expulsions vers des pays tiers font état de conditions de détention difficiles, de mauvais traitements et parfois d’une rétention prolongée. Malgré une amélioration relative de la sécurité grâce à la mission de l’ONU, au soutien des forces rwandaises et à la présence d’instructeurs russes, la situation reste fragile en République centrafricaine.
