Une attaque par drone a coûté la vie à neuf proches d’un chef militaire allié à l’armée soudanaise, selon des sources sécuritaires citées dimanche. Ces dernières imputent l’opération aux Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans un conflit armé contre les forces régulières depuis avril 2023.
La frappe s’est produite samedi soir, vers 22 heures, dans le village d’Al Kaheli, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Wad Madani, au cœur de l’État d’al-Jazirah. La maison visée appartenait à Abou Aqla Kaykal, commandant des Forces du bouclier soudanais. Le bombardement a tué deux de ses frères, six enfants de la famille ainsi qu’un officier proche, Siddiq Bakhit. L’explosion a également causé d’importants dégâts aux habitations voisines. Aucun des deux camps n’a officiellement réagi à cet incident.
Figure controversée, Abou Aqla Kaykal avait auparavant occupé un rôle au sein des FSR dans cette même région, avant de rallier l’armée en octobre 2024. Ses hommes ont ensuite participé aux offensives qui ont permis aux forces gouvernementales de reprendre des positions stratégiques, notamment dans l’État d’al-Jazirah et à Khartoum. Il reste toutefois accusé d’exactions par différentes parties au conflit.
La guerre au Soudan connaît une intensification récente, marquée par une hausse des attaques de drones et des affrontements dans plusieurs régions, dont le Darfour, le Kordofan-Sud et l’État du Nil Bleu. La capitale Khartoum a été visée à deux reprises cette semaine, une situation inédite depuis plusieurs mois.
Après quatre années de combats, le conflit a fait un lourd bilan humain, avec des dizaines de milliers de morts avec des estimations dépassant les 200 000 victimes et des millions de déplacés. L’ONU considère cette crise comme la plus grave urgence humanitaire à l’échelle mondiale.
