Un pétrolier a été intercepté samedi par un groupe d’hommes armés au large des côtes yéménites, avant d’être contraint de mettre le cap vers la Somalie, selon les autorités maritimes du Yémen.
D’après les garde-côtes, le navire, baptisé « EUREKA », a été attaqué au large de la province de Chabwa. Des assaillants non identifiés sont montés à bord, ont pris le contrôle du bâtiment, puis l’ont redirigé vers le golfe d’Aden en direction des rivages somaliens. Les autorités ont indiqué suivre sa trajectoire et déployer des moyens pour tenter de reprendre le contrôle du navire et assurer la sécurité de l’équipage, dont le nombre et la nationalité restent inconnus.
EUREKA est un pétrolier transportant des produits raffinés et navigue sous pavillon togolais, selon les données de suivi maritime. Cet incident survient dans un contexte de regain des menaces dans la région. En début de semaine, le centre JMIC avait déjà relevé le niveau d’alerte à “important” après plusieurs attaques suspectées d’être liées à la piraterie, un phénomène qui semblait pourtant en recul ces dernières années.
Le Yémen, dont une grande partie du territoire échappe au gouvernement reconnu internationalement au profit des rebelles houthis, reste une zone instable. Ces derniers ont mené à plusieurs reprises des attaques contre des navires qu’ils considéraient liés à Israël.
De son côté, la Somalie demeure fragilisée par plus de trois décennies d’instabilité. Ses côtes stratégiques, bordant l’océan Indien et le golfe d’Aden, axe maritime majeur reliant la mer Rouge, en font un point sensible du commerce mondial.
Après un sommet de la piraterie en 2011, les actes de détournement avaient fortement diminué grâce à la présence militaire internationale et à des mesures de sécurité renforcées. Toutefois, des incidents récents, comme les détournements du Honour 25 et du M/V Sward en avril, témoignent d’une recrudescence inquiétante, attribuée à de nouveaux groupes opportunistes.
Cette nouvelle attaque intervient également dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les perturbations du trafic maritime liées aux tensions autour du détroit d’Ormuz, poussant certains armateurs à emprunter des routes alternatives plus risquées.
