Nigeria : Une quarantaine d’éleveurs peuls tués lors d’une attaque de milices

Près de quarante éleveurs peuls ont perdu la vie jeudi dans le centre du Nigeria, lors d’une attaque menée par des milices locales appuyées par des combattants venus du Bénin voisin, selon des sources locales. Les victimes étaient soupçonnées de collaborer avec le groupe jihadiste Ansaru.

Les faits se sont déroulés dans l’État du Niger, une région régulièrement touchée par l’insécurité. D’après plusieurs témoignages, des miliciens du district de Bussa ont pris pour cible des campements situés autour de Kabe, dans la zone de Borgu. Des jeunes hommes accusés de servir d’informateurs ont été arrêtés, tandis que d’autres ont été abattus en tentant de résister.

Un responsable local, Ahmad Ali, évoque un bilan de 41 morts, précisant que l’opération aurait été menée conjointement par des groupes d’autodéfense nigérians et béninois, avec un appui de soldats. Une source humanitaire avance un chiffre légèrement inférieur, autour de 38 victimes. Aucune confirmation officielle n’a été fournie par les autorités des deux pays.

Issu d’une dissidence de Boko Haram en 2021, Ansaru s’est rapproché d’Al-Qaïda au Maghreb islamique et renforce progressivement sa présence dans certaines zones du Nigeria.

L’État du Niger, à la fois agricole et riche en ressources minières, est devenu un foyer de tensions où opèrent aussi des groupes criminels appelés « bandits », connus pour les enlèvements, les pillages et les vols de bétail. La collaboration ponctuelle entre ces groupes et les jihadistes inquiète de plus en plus.

Souvent assimilées à ces réseaux, les communautés peules sont régulièrement la cible de représailles violentes. Des experts estiment que ces pratiques pourraient aggraver la situation en poussant certains éleveurs à rejoindre des groupes armés pour se protéger.

Selon un habitant de Kabe, l’attaque ferait suite à des tensions liées au meurtre de deux personnes accusées d’être proches d’Ansaru. En représailles, le groupe jihadiste aurait incendié un village voisin, accentuant l’escalade.

A la suite de ces violences, de nombreux campements ont été abandonnés, les éleveurs prenant la fuite avec leurs troupeaux par crainte de nouvelles attaques.