Algérie : Reprise du dialogue avec le retour de l’ambassadeur français

Après près de deux années de fortes tensions, la France amorce un rapprochement avec l’Algérie en annonçant le retour de son ambassadeur à Alger. Cette décision intervient à l’occasion d’une visite officielle destinée à relancer les relations bilatérales et rétablir un dialogue jugé essentiel entre les deux capitales.

La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, accompagnée de l’ambassadeur Stéphane Romatet, est arrivée à Sétif vendredi. Ce déplacement débute par une étape hautement symbolique sur les lieux des massacres du 8 mai 1945, perpétrés durant la période coloniale française, notamment à Sétif, Guelma et Kherrata.

Dans un communiqué, la présidence française souligne une volonté de traiter la relation franco-algérienne « avec honnêteté » et dans le respect des mémoires, estimant qu’un regard lucide sur le passé peut ouvrir la voie à une coopération renouvelée et constructive.

Au cours de sa visite, Alice Rufo doit s’entretenir avec les autorités algériennes pour évoquer la relance de la coopération, notamment sur le plan consulaire, ainsi que les perspectives de renforcement du partenariat entre les deux pays.

Ce déplacement marque une nouvelle étape dans le dégel amorcé ces derniers mois, après une crise diplomatique déclenchée à l’été 2024. Celle-ci avait été provoquée par le soutien de Paris à un plan d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine, un sujet sensible pour Alger, qui appuie le Front Polisario.

Les relations s’étaient ensuite fortement détériorées, notamment après l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal et une affaire impliquant un agent consulaire et des diplomates algériens accusés d’être impliqués dans l’enlèvement en France d’un influenceur algérien, Amir DZ.

Un apaisement progressif a toutefois été enclenché avec la visite du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez en février, suivie de contacts diplomatiques renouvelés, notamment entre Jean-Noël Barrot et Ahmed Attaf.

Parmi les dossiers encore sensibles figure celui du journaliste Christophe Gleizes, détenu en Algérie. Son cas reste suivi de près par les autorités françaises, alors que ses proches espèrent une issue favorable dans les prochaines semaines.

Ce retour progressif au dialogue laisse entrevoir une possible normalisation des relations entre Paris et Alger, longtemps marquées par des différends politiques et mémoriels.