Nigeria : Ouverture du procès de 36 officiers accusés de tentative de putsch

Le procès de trente-six militaires soupçonnés d’avoir préparé un coup d’État avorté en 2025 s’ouvre vendredi devant une cour martiale au Nigeria. Cette audience intervient deux semaines après la prestation de serment des juges chargés de l’affaire.

Selon les autorités, ce complot déjoué aurait pu mettre un terme à plus de vingt-cinq ans de régime démocratique dans le pays le plus peuplé d’Afrique, marqué par une longue histoire de régimes militaires après son indépendance en 1960.

L’armée n’a pas officiellement désigné le chef présumé de la conspiration, et les audiences se dérouleront à huis clos, conformément aux usages. Toutefois, plusieurs médias locaux pointent le colonel Mohammed Ma’aji comme figure centrale du projet. Des documents judiciaires évoquent à son encontre, ainsi qu’à d’autres accusés, des faits qualifiés « d’actes terroristes ».

Agé de 49 ans, cet officier, ancien commandant du 19e bataillon, a notamment acquis une expérience opérationnelle dans le delta du Niger, où il a participé à des opérations contre le trafic de pétrole.

Parallèlement, une procédure distincte vise des civils soupçonnés d’implication dans ce projet de putsch. Parmi eux figure l’ex-ministre du Pétrole Timipre Sylva, actuellement en fuite et non formellement inculpé. Un électricien travaillant à la présidence, Zekeri Umoru, est également poursuivi pour avoir facilité l’accès à la villa présidentielle. Il affirme avoir reçu d’importantes sommes d’argent sans en connaître précisément l’objet.

D’autres personnalités, dont le général à la retraite Mohammed Ibrahim Gana et le capitaine retraité Erasmus Ochegobia Victor, figurent parmi les accusés devant la Haute Cour fédérale d’Abuja.

Lors d’une audience récente, un témoin militaire a évoqué des liens financiers entre les principaux suspects et Timipre Sylva. De son côté, la Economic and Financial Crimes Commission (EFCC) a lancé un avis de recherche contre ce dernier pour des accusations distinctes de détournement de fonds.