Bénin : Un opposant condamné à cinq ans de prison après le putsch de décembre

L’ancien député et figure de l’opposition béninoise, Soumaïla Sounon Boké, a été condamné mardi à cinq ans de prison ferme pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État », en lien avec la tentative de coup d’État déjouée en décembre, selon des sources judiciaires.

Depuis plusieurs mois, cette affaire a conduit à l’incarcération de diverses personnalités politiques ainsi que de militaires. Le 7 décembre, des soldats avaient annoncé à la télévision nationale la destitution du président Patrice Talon, avant que la tentative de putsch ne soit finalement neutralisée le jour même. Le chef de l’État doit céder le pouvoir le 24 mai à son successeur élu, Romuald Wadagni.

Les poursuites contre Soumaïla Sounon Boké reposent notamment sur un message publié dans un groupe WhatsApp peu après l’annonce du coup de force, dans lequel il écrivait « C’est la fête ». Arrêté le 16 décembre, il avait été placé en détention provisoire dans la foulée.

Le tribunal, siégeant à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme à Cotonou, l’a reconnu coupable d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « d’incitation à la rébellion par voie électronique ». Outre la peine de prison, il écope d’une amende de 10 millions de francs CFA, soit environ 15 000 euros.

Dans son entourage, la décision judiciaire n’a guère surpris. « Nous nous attendions à une lourde condamnation », a confié un proche.

De son côté, l’opposant a nié toute volonté de soutenir les auteurs présumés du putsch. Il affirme que le message incriminé relevait d’une erreur et qu’il était destiné à une conversation privée entre connaissances préparant des retrouvailles.