Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé un renforcement de son assistance financière à plusieurs pays africains confrontés aux répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment à travers des décaissements supplémentaires et une accélération des financements déjà prévus.
Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, la directrice de la communication du FMI, Julie Kozack, a indiqué que l’Ethiopie, la Gambie et le Burkina Faso bénéficieront d’un soutien accru de l’institution. Les discussions en vue d’un programme d’aide au Malawi ont également été intensifiées.
Cette décision intervient alors que le conflit au Moyen-Orient continue de peser sur l’économie mondiale. Les attaques menées contre l’Iran et les tensions qui ont suivi, notamment autour du détroit d’Ormuz, ont provoqué une hausse des prix du pétrole et perturbé l’approvisionnement de plusieurs matières premières stratégiques, dont les engrais.
Selon Julie Kozack, les effets du conflit commencent déjà à apparaître dans les indicateurs macroéconomiques. La hausse des coûts de l’énergie et des intrants agricoles alimente les pressions inflationnistes, avec des conséquences particulièrement lourdes pour les pays dépendants des importations énergétiques.
« Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation des pays vulnérables importateurs d’énergie », a-t-elle souligné, estimant que l’impact du choc économique varie selon les structures économiques nationales et la capacité des États à absorber l’augmentation des prix mondiaux.
Lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale en avril dernier, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, avait affirmé que l’institution était prête à répondre aux demandes d’assistance des pays affectés. Elle avait alors évalué les besoins potentiels de financement entre 20 et 50 milliards de dollars, selon l’ampleur et la durée du conflit.
Par ailleurs, le FMI a annoncé avoir conclu un accord avec les autorités éthiopiennes dans le cadre de la cinquième revue de leur programme d’appui économique de quatre ans. Cet accord prévoit un décaissement de 468 millions de dollars, sous réserve de l’approbation du conseil d’administration du Fonds.
Une fois validé, ce versement portera à 2,65 milliards de dollars le montant total déjà décaissé au titre du programme de soutien de 3,4 milliards de dollars accordé à l’Ethiopie.
