Afrique : L’Ouganda maintiendra ses troupes en Somalie après la fin de la mission de l’UA

L’Ouganda entend maintenir une présence militaire en Somalie au-delà de 2026, même si la mission de soutien de l’Union africaine (Aussom) venait à prendre fin en décembre prochain. Kampala envisage ainsi de poursuivre son engagement dans le pays dans le cadre d’un accord bilatéral avec les autorités somaliennes.

« L’Ouganda restera en Somalie » après 2026, a déclaré mercredi le ministre ougandais de la Défense, Kiryowa Kiwanuka, à l’issue d’une réunion de la Force en attente de l’Afrique orientale (EASF), à Kampala. Selon lui, les modalités de la présence ougandaise pourraient toutefois évoluer.

L’Ouganda dispose actuellement d’environ 4.500 militaires au sein de l’Aussom. Quelque 2.000 autres soldats seraient également déployés en Somalie dans le cadre d’un accord bilatéral conclu fin 2024 entre Kampala et Mogadiscio.

Cette annonce intervient alors que l’avenir de l’Aussom apparaît de plus en plus incertain. Le Bureau de soutien des Nations unies en Somalie (Unsos), qui assure la logistique de la mission, doit fermer le 31 décembre. Cette décision, consécutive au retrait du soutien politique et financier américain, priverait l’opération africaine d’un dispositif logistique essentiel.

Réunis fin juillet à Kampala, les pays contributeurs de troupes comme le Burundi, le Djibouti, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya et l’Ouganda, avaient pourtant affiché leur volonté de maintenir l’Aussom au-delà de cette échéance. Mais le manque chronique de financements, le coût d’un éventuel mécanisme logistique de remplacement et la lassitude des bailleurs face aux résultats limités en Somalie alimentent les incertitudes.

« Nous poursuivrons notre opération en Somalie jusqu’à ce que la paix soit atteinte », a affirmé Kiryowa Kiwanuka, précisant que Kampala restait disposé à recevoir un soutien extérieur.

Déployée depuis début 2025, l’Aussom compte environ 12.000 soldats et policiers. Elle appuie les autorités somaliennes dans leur lutte contre les islamistes shebab, qui contrôlent encore de vastes territoires.

La Somalie demeure par ailleurs fragilisée par les divisions politiques et claniques, ainsi que par les tensions entre le pouvoir fédéral et plusieurs Etats fédérés.